Chaque individu possède en lui la ressource de développer des histoires qui le rendront plus fort

Accompagnement des hommes et des femmes dans leur vie au travail :

  • Accompagnement individuel
  • Accompagnement d’équipes et de communautés

Accompagnement des jeunes dans leur parcours scolaire :

  • Orientation - Aller à la recherche de son projet
  • Confiance en soi - Gestion du stress

Posture et techniques de remobilisation pour accompagner les jeunes en difficulté scolaire Publié le : 12 novembre 2016

Journée de formation animée par Dina Scherrer le mardi 24 janvier 2017

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Aller à rencontre de son projet d’orientation
– Gagner en confiance
– Retrouver de l’espoir et du sens pour ses études
– Se libérer des histoires qui nous enferment (je suis timide, je manque de concentration….)
– Sortir de l’isolement

Voici les principaux leviers sur lesquels seront amenés à travailler, à un moment ou à un autre, toutes celles et ceux qui désirent accompagner les jeunes.

Accompagner les publics de jeunes nécessite à la fois une posture et des techniques souvent spécifiques. Contrairement aux adultes, ils sont rarement en demande donc toute la complexité va être de leur faire émerger des demandes qui viennent réellement d’eux afin qu’ils s’investissent pleinement dans la démarche.

Dina Scherrer intervient depuis 2008 dans des collèges et lycées de la banlieue parisienne pour venir en aide aux jeunes souvent en grande difficulté scolaire. Elle se propose de partager avec vous et de vous faire expérimenter sa posture, sa pratique et différentes techniques pour redonner aux jeunes de l’espoir en eux et en leur capacité à apprendre. Redonner aussi de l’espoir à l’encadrement éducatif afin d’étoffer leurs pratiques pour qu’il reste ressource pour ces jeunes.

La journée aura lieu au Forum 104 – 104, rue de Vaugirard, Paris 6 – coût : 150 € HT – de 9 h 30 à 17 h 30.
Pour renseignements et inscriptions : scherrer.dina@yahoo.fr ou 06 16 45 06 59

Publié le : 12 novembre 2016 | Aucun Commentaire | Partager/Mettre en favoris


Coaching narratif pour accompagner des jeunes en difficulté scolaire Publié le : 5 novembre 2016

Conférence de Dina Scherrer à Angers le 8 juin 2016 sur le thème : le coaching narratif pour accompagner des jeunes en difficulté scolaire

Publié le : 5 novembre 2016 | Aucun Commentaire | Partager/Mettre en favoris


Journée formation Arbre de Vie le lundi 9 janvier 2017 à Paris Publié le : 4 septembre 2016

ADV Elevatio2Comment utiliser la métaphore de l’arbre pour faire émerger compétences et ressources ?

Journée animée par Dina Scherrer

L’Arbre de vie est un outil de soutien psychosocial basé sur les Pratiques Narratives. C’est un outil qui utilise les différentes parties de l’arbre comme métaphore pour représenter les différents aspects de nos vies. L’utilisation des métaphores et de questions soigneusement formulées invite les personnes à raconter des histoires sur leurs vies de façon à les renforcer et augmente leur espoir dans l’avenir.

A l’issue de cette journée sur l’arbre de vie, vous serez à même :

D’utiliser l’Arbre de vie dans le cadre de vos accompagnements individuels ou d’équipes.
De faire émerger compétences, ressources, qualités, valeurs de la personne et de les étoffer ainsi que d’identifier ses personnes ressources. Egalement faire des liens et donner du sens à son parcours pour permettre aux personnes de se projeter dans l’avenir.
D’avoir à votre disposition un outil narratif efficace pour accompagner des publics difficiles comme des jeunes en difficulté, des équipes en souffrance. Outil également efficace pour accompagner la transition de vie, l’orientation, la remobilisation pour redonner du sens à son parcours.

Cette journée sera divisée en 4 parties :

Après un topo sur L’historique de l’Arbre de vie : Comment a-t-il été créé ? Pour répondre à quel besoin ? Des exemples d’utilisation.
Présentation de la méthode d’utilisation et expérimentation : chaque participant réalise son arbre de vie et vit toutes les étapes de la méthode :

Arbre de vie – Réaliser son arbre de vie – vivre les effets de cet outil sur nous pour pouvoir mieux l’utiliser avec nos clients. Aller chercher des informations à chaque partie de l’arbre – Les racines, le tronc, les branches, les feuilles, les fruits.

Forêt de vie – pour le travail en groupe – comment utiliser la forêt de vie pour un travail de cohésion d’équipe – de gestion de conflit : comment on relie l’individu au groupe en travaillant sur son arbre devant le groupe. L’objectif étant de mieux se connaître professionnellement. Dans l’idée que plus on se connaît plus on s’apprécie et plus on partage ce que l’on a à partager ensemble. Le tout avec un protocole spécifique qui met le collaborateur dans un contexte de sécurité pour le faire.

Club de vie – Concerne les feuilles de l’arbre. Les feuilles sont les alliés identifiés dans l’univers professionnel et qui vont constituer les personnes ressources, notre réseau. L’objectif étant de voir comment utiliser le club de vie pour sortir la personne de l’isolement qu’elle peut ressentir dans les périodes de difficultés.

Tempête de vie – Dans les cas extrême de souffrance – Discussion métaphorique sur les malheurs qui peuvent arriver aux forêts et aux personnes. Mutualisation de ressources pour se défendre des malheurs. Un moyen d’échanger des messages sur la survie. Un moyen de recueillir directement auprès des personnes concernées des informations sur comment les tempêtes viennent dans leur vie professionnelle et comment s’en protéger.

Cet atelier se déroulera le lundi 9 janvier 2017 à Paris – de 9 h 30 à 17 h 30 – coût : 160 € TTC la journée.

Pour renseignements et inscriptions : scherrer.dina@Yahoo.fr ou 06 16 45 06 59

Publié le : 4 septembre 2016 | Aucun Commentaire | Partager/Mettre en favoris


Le voyage de vie Publié le : 28 mars 2016

voyage bernardJ’ai découvert, il y a quelques semaines, un nouvel outil narratif passionnant et très efficace qui s’appelle le VOYAGE DE VIE. C’est un outil que l’on doit à David Denborough, tiré de son livre « Retelling the stories of our lives » (re-raconter les histoires de nos vies). Le chapitre concerné s’intitule « Life as a Journey : Migrations of Identity » (La vie comme un voyage : migrations d’identité). Un grand merci à Antonia Benque, une collègue qui s’est formée aux Pratiques Narratives avec nous à Paris, qui nous a fait découvrir ce passage du livre de David et qui l’a traduit en français, avec le regard final d’Elizabeth pour nous le rendre accessible.

Tout comme l’Arbre de vie, il y a quelques années, j’ai tout de suite été séduite par cette nouvelle métaphore qui est un beau moyen d’aborder la vie comme un voyage. Et comme tous les voyages, il y a des chemins parcourus et des chemins encore à parcourir. Il y a les compagnons de route, les lieux que nous avons envie de visiter, les obstacles qui se sont mis sur notre chemin, des souvenirs que nous allons garder, les chansons qui nous ont accompagnés, etc.

J’ai tout de suite eu envie de l’utiliser, ce que j’ai fait depuis, notamment avec un adulte en transition de vie, avec une jeune fille déscolarisée, avec un groupe classe sur la confiance et l’orientation. Et je suis fascinée par la richesse de ce que cela a produit à chaque fois.
C’est un moyen très efficace pour libérer l’expression, faire raconter et re-raconter des histoires et entrer de plain-pied dans les expériences de vie très rapidement. Parfois, c’est difficile d’entrer dans l’expérience et de faire raconter des histoires. Le voyage de vie est une métaphore propice pour évoquer des histoires de vie. Chronologiquement, elles viennent toutes seules, toutes les histoires de vie, les belles et les moins belles. Mais quand on évoque les moins belles, c’est sous l’angle de : « comment les a-t-on surmontées, contournées, dépassées ? ». Quant aux belles expériences, elles vont nous renseigner sur les valeurs, les espoirs et le sens qu’elles ont pour les personnes. On remplit au fur et à mesure son Kit de survie qui regroupe tout ce que l’on a appris, développé en chemin et qui nous a aidés.
Ce que permet le Voyage de vie : entrer très rapidement dans les expériences/histoires de vie. Les compétences, qualités, valeurs sont immédiatement illustrées par les expériences racontées. On a accès automatiquement à ceux qui ont croisé notre chemin, aux témoins de ces expériences, donc au club de soutien. On remplit son Kit de survie en route et quand on a fini la conversation, on a abordé beaucoup de sujets de manière fluide et naturelle. De plus, ce je que j’ai pu constater, c’est que c’est dynamique ; la métaphore du chemin met les personnes en mouvement et ça ajoute une notion de temporalité très intéressante.
Une fois le Kit de survie bien rempli, on peut se retourner vers le chemin à parcourir et voir ses rêves et projets plus accessibles. On peut anticiper les obstacles qui peuvent survenir en se sentant plus fort pour les surmonter.
C’est une belle alternative à l’Arbre de vie. Avec l’Arbre de vie on est principalement dans l’histoire préférée, il a clairement pour intention de recenser tout ce qu’il y a de précieux pour la personne pour pouvoir se sentir plus fort face aux épreuves de la vie. Le Voyage de vie a cette même intention mais aborde plus de sujets et notamment les moments difficiles. Il permet également d’intégrer de multiples métaphores liées au voyage. Il faut dire qu’une mission d’accompagnement avec une personne, c’est déjà un voyage que l’on fait ensemble et qui nous amène d’un endroit à un autre, vers un désir, un objectif. Donc c’est très naturel, pertinent et évident dès que l’on parle de voyage, de chemin. Et puis, quand on voyage, on peut prendre plusieurs chemins : le chemin professionnel, le chemin scolaire, le chemin de vie, etc.
Une belle boussole aussi pour le praticien narratif car, à travers le voyage de vie, on retrouve et on reste en lien avec toutes les intentions narratives.
Je dirais presque que si j’avais une seule séance à faire avec une personne, je lui ferais faire son voyage de vie car il permet d’aborder : passé, présent, futur, ressources, problèmes, rêves, projets, club de soutien… On documente et on repart avec son voyage de vie que l’on va pouvoir raconter et partager, si on le souhaite, quand on le fait en groupe.

Exemple : le voyage de vie de Margaux
Margaux a 17 ans. C’est une jeune fille extrêmement intelligente, vive et pleine de projets pour sa vie. Elle a une famille aimante qui la soutient, des amis fidèles. Tout pourrait aller super bien pour elle si « Crise d’angoisse » ne s’était pas invitée dans sa vie brutalement quand elle était en 3ème. En seconde, cela a eu pour effet qu’elle s’est retrouvée déscolarisée malgré elle. Cette année, elle en a redoublé sa 1ère. Margaux arrive parfois à retourner en cours comme récemment quand son ami Dylan est venu la chercher.
Nom du voyage : Chemin de l’épanouissement
Cercle de soutien, mes compagnons de voyage, ceux sur qui je peux compter : papa et maman (très présents, ouverts, très à l’écoute), Aliénor, Dylan qui prend régulièrement mes cours, Capucine, Zayat, famille au sens large, Shana, Mme Z. (ma professeur de maths que j’adore), Fabrice (un surveillant qui m’a soutenue), Mme L., les mangas…
Les valeurs qui me guident (comme une boussole, elles éclairent mon chemin) : combativité (même quand j’étais mollusque à la maison, j’ai toujours fait des choses), éducation, famille, amitié, honnêteté, sincérité.
Mon kit de survie : sophrologie qui a contribué à apaiser mes angoisses, rêveuse, pâtisserie, mangas, musique, coloriage, sport, autonomie (étudier seule à la maison), amitiés, guitare, motivation personnelle, force d’argumentation et de conviction (quand on a voulu me renvoyer du lycée et que j’ai argumenté pour qu’ils me gardent), sincère, courageuse, sensible, moi-même, un fond de confiance, combative, expressive, savoir demander de l’aide (parler, dire ce que je ressens à ma famille…).
Les lieux que je veux visiter, mes rêves, mes projets : être heureuse, voyager, faire la fête, avoir le bac S, intégrer l’Insa de Strasbourg, avoir mon permis.
Les bons souvenirs, les cartes postales de mon voyage : la découverte du monde des mangas, la pâtisserie (quand je fais de la pâtisserie je ne pense à rien d’autre, j’aime que ce soit bon et beau), l’amitié (ceux qui sont restés, qui m’ont aidée, Dylan qui m’amène tous les jours mes leçons et qui passe me prendre quand je sens que j’ai la force d’aller en cours, cela a renforcé notre amitié), le rapprochement avec les personnes (ce voyage de vie m’a fait grandir et cela m’a rapprochée des autres, je suis plus attentive aux autres, j’ai des discussions plus profondes avec eux).
Un message que j’aurais envie de transmettre sur ce que m’a appris ce voyage : mon expérience, ce que j’ai réussi à mettre en place qui pourrait peut-être aider d’autres jeunes. Ne jamais rester seule, savoir aller chercher de l’aide.

Méthodologie du voyage de vie
Prendre une grande feuille et dessiner un chemin. Au milieu du chemin, dessiner un cercle. À gauche du cercle, le chemin correspond au « chemin parcouru », à droite du cercle : le « chemin à parcourir ».

1ère partie – D’où vous venez

Le chemin parcouru – Se tourner vers le passé
Notez sur le chemin parcouru d’où vous venez (un peu comme les racines de l’arbre de vie), les éléments importants : lieux, personnes, origines…
En fonction de ce que l’on a à travailler avec la personne : quelle est votre histoire professionnelle ? Votre histoire scolaire ?
Qui a voyagé avec vous ? Quels sont les cadeaux que vous portez avec vous tout au long de ce voyage ?

Le cercle de soutien – Qui sont vos compagnons de voyage ?
Notez dans le cercle qui sont ou ont été vos compagnons de voyage (en vie ou dans vos cœurs) : des personnes, des groupes, des communautés, des personnes de différentes générations, des figures spirituelles, des amis imaginaires, des héros, des animaux… Selon vos souhaits, ajoutez des photos ou des caricatures. C’est votre club de soutien.

Valeurs, croyances, principes
Tout autour du cercle de soutien, écrire les valeurs clés, les croyances, les principes qui ont guidé votre voyage de vie. Ces valeurs sont comme notre boussole. Elles nous guident dans notre chemin. D’où viennent ces valeurs ? Qui nous les ont transmises ?

Lieux favoris
Tout au long du chemin parcouru, listez ou dessinez les lieux favoris où vous vous êtes déjà rendu.
En fonction de ce que l’on a à travailler : les moments favoris, les entreprises où l’on a été heureux, les moments scolaires que l’on a aimés.

Les étapes importantes
Tout au long du chemin parcouru : quelles sont les choses essentielles que vous avez accomplies ? En dessiner deux. Comment ont-elles pu être accomplies ? Qui a participé ?

Les obstacles surmontés, les rivières traversées
Tout au long du chemin parcouru : dessinez une montagne ou une rivière pour symboliser deux obstacles que vous avez surmontés au cours de votre vie (vie professionnelle, scolaire…), indiquez comment vous avez réussi à surmonter, contourner les obstacles et comment vous avez traversé la rivière. Comment y êtes-vous parvenu ? Qui vous a aidé ?

Kit de survie – Vers quoi on se tourne pour prendre des forces
En haut de la page, dessinez votre kit de survie. Il contient ce qui vous a aidé dans les moments difficiles. Vers quoi on se tourne pour prendre des forces ? Ce peut être des valeurs, des compétences, des personnes, des habitudes, des traditions, des croyances, des proverbes, des chansons, des ressources…

2ème partie – Aller de l’avant

C’est le moment de se diriger vers l’avenir, le chemin à parcourir
Notez sur le chemin à parcourir : les rêves, projets, espoirs que vous avez pour votre vie (comme les branches de l’arbre de vie), racontez-moi ces espoirs. Depuis combien de temps avez-vous ces espoirs ? Comment êtes-vous resté attaché à ces espoirs ? Qui vous a aidé ?

Les lieux que vous souhaitez voir, visiter
Tout au long du chemin à parcourir : nommez les lieux que vous souhaitez visiter, les endroits où vous avez envie de travailler, les écoles où vous voulez aller…. Les pays où vous voulez aller…

Les choses que vous voulez entreprendre
Tournez-vous vers les étapes importantes que vous avez déjà accomplies et inscrire 3 futures étapes importantes à atteindre pour vous. Ce doit être des objectifs atteignables que vous souhaitez réaliser.

Les cadeaux que vous souhaitez offrir
Considérez les cadeaux que vous avez reçus et notez sur le chemin à parcourir les cadeaux que vous souhaitez offrir ou partager. Il peut y avoir des cadeaux non reçus que vous souhaitez transmettre.

Obstacles à dépasser et rivières à traverser
Sur le chemin à parcourir : dessinez une montagne pour symboliser un obstacle que vous (ou des personnes que vous aimez) pourriez avoir à surmonter et une rivière que vous pourriez avoir à traverser.
Comment saurez-vous identifier les moments où ces défis surviendraient ? Comment est-ce que vous et votre cercle de soutien ferez pour empêcher, contourner ou dépasser ces difficultés ? Écrire les réponses à côté des obstacles. Comment resterez-vous fort face aux problèmes ? Regardez votre Kit de survie. Est-ce que vous vous servirez des mêmes outils ? Ou de quoi d’autre ? S’il y en a d’autres, les ajouter au Kit de survie.

Chansons du voyage
Quelles sont les chansons que vous entendrez au cours du voyage ? Notez sur le côté de la feuille les chansons que vous prendrez avec vous. Les chansons qui vous font du bien, qui vous donnent de la force, qui vous mettent en énergie.
Pourquoi ces chansons en particulier ? Quel sens leur donnez-vous ? Quand vous les écoutez, qu’est-ce que cela permet ou vous donne comme espoir ?
Vous pouvez faire un enregistrement de ces chansons pour les écouter quand vous en aurez besoin. Vous pouvez ajouter ces chansons dans votre Kit de survie.

3ème partie – Regarder votre voyage d’en haut, comme un aigle

Souvenirs agréables
Quels sont les bons souvenirs que vous emporterez avec vous dans l’avenir ? Dessinez des étoiles colorées tout au long du chemin à parcourir pour les représenter. Décrire ces bons souvenirs, inclure les images, les bruits, les odeurs, les sensations.
Qui a joué un rôle dans ces souvenirs ? Pourquoi ces souvenirs sont-ils précieux pour vous ? Qu’ont-ils à vous offrir ou à offrir à votre cercle de soutien ? Qu’est-ce qu’ils continueront d’offrir à l’avenir ?
Inscrire les réponses à l’intérieur ou à côté des étoiles.

Donner un nom à votre voyage
Donnez à votre voyage un nom qui symbolise le nom que vous donnez à votre voyage de vie.

Message à autrui
Repensez à votre voyage. S’il y avait quelque chose à partager avec une jeune personne qui serait au tout début de son propre voyage, un message, un proverbe, une histoire, une chanson, qu’est-ce que ce serait ?
Quelle serait une leçon apprise que vous souhaiteriez transmettre ?

Dina Scherrer

Publié le : 28 mars 2016 | 2 commentaires | Partager/Mettre en favoris


Perles de vie Publié le : 1 mai 2015

porte cleVers qui ou vers quoi revenir quand on a besoin de force

Quand le praticien narratif accompagne une personne et qu’une histoire préférée émerge, c’est-à-dire une histoire qui fait écho à ce que cette personne veut pour sa vie, il va s’efforcer de faire en sorte par tous les moyens que cette personne reste le plus possible reliée à cette histoire. Car rester connecté à l’histoire préférée peut s’avérer pour elle un redoutable défi au milieu des autres histoires qui lui font encore concurrence.
Une manière puissante d’y arriver consiste à trouver des témoins de ces histoires préférées ou bien des personnes qui ne seraient pas étonnées de ce qu’elles racontent ou encore qui apprécieraient ce qu’elles disent. En quelque sorte des témoins de l’histoire préférée.

Une fois ces témoins identifiés, il s’agit d’engager une conversation de re-membering (L’expression « re-membering » est un jeu de mot créé par Barbara Myeroff entre re-member : redevenir membre, et remember : se souvenir) afin que ces personnes ne soient pas seulement un nom, mais qu’elles s’incarnent un maximum. Celui ou celle que nous accompagnons se rend alors compte de l’importance de ces personnes dans sa vie mais également de l’importance qu’elle a dans la vie de ces personnes. En pratique narrative, on appelle l’ensemble de ces témoins de l’histoire préférée le « Club de vie ». C’est en quelque sorte son club de soutien.

Conversation de re-membering :
. Peux-tu me parler de cette personne ? Qui est-elle ? Qu’apprécies-tu particulièrement chez elle ?
. A ton avis, qu’est-ce que cette personne apprécie chez toi ?
. Est-ce que le fait de la connaître t’a permis de faire des choses que tu n’aurais pas faites si tu ne l’avais pas connue ?
. A ton avis, est-ce que le fait de te connaître tel que tu es, lui a permis de faire elle aussi des choses qu’elle n’aurait pas faites si elle ne t’avait pas connu ?
. Qu’est-ce que cela te fait de parler d’elle comme on vient de le faire ?
. Est-ce que te souvenir de ton lien avec cette personne pourrait t’aider quand tu en auras besoin à l’avenir ?

L’objectif, en honorant les personnes importantes pour celui ou celle que nous accompagnons, est multiple :
• Les personnes en difficulté peuvent se sentir parfois seules face à ce qu’elles vivent. Il s’agit de recréer du lien et sortir la personne de l’isolement.
• Une personne en prise avec des difficultés peut être déconnectée de ses compétences et de ses qualités. Il s’agit de trouver des témoins de celles-ci, des personnes qui l’ont vue audacieuse, patiente, avisée, etc. Se reconnecter avec ces témoins est important car ces témoins portent la mémoire de nos compétences le temps que nous-même retrouvions la mémoire.

J’ai pu constater qu’à chaque fois que j’aborde une conversation de re-membering avec un de mes clients, c’est un moment très fort pour lui. Il prend conscience que désormais il ne va plus être seul à lutter contre son histoire de problème, qu’il a une histoire avec cette personne, une histoire qui parle de forces, de valeurs, de compétences et de succès.

Trouver une personne qui va l’aider à aider son client est aussi un moment fort pour le praticien narratif. Notamment entre les séances, dans le quotidien de la personne. Car, si la dynamique de re-membering se met bien en route, le client se rappellera lui-même son lien avec les témoins de ses compétences et de ses qualités lorsqu’il en ressentira le besoin.

C’est à partir de cette idée que j’ai décidé d’utiliser les «Perles de vie»** afin que les personnes que j’accompagne puissent se souvenir plus facilement et au quotidien du lien qui les unit avec leurs personnes ressources ou leurs histoires préférées.

La première fois que j’ai utilisé les Perles de vie c’est pour une mission de conduite du changement en entreprise. J’accompagnais un groupe dont le point commun était de travailler dans la même entreprise depuis plus de vingt ans. L’entreprise changeait de main et de méthodes et cela générait de l’anxiété, du stress et des freins au sein du groupe.

Avant d’aborder le sujet du changement, j’ai proposé que chacun liste tous les moments précieux de sa vie professionnelle qu’il a vécu dans cette entreprise: les rencontres importantes, les évènements qui ont compté, etc. Une fois qu’ils eurent tous fait leur liste d’évènements, j’ai posé sur une table un grand panier de perles de tailles, de formes et de couleurs différentes. Je leur ai demandé de venir choisir une perle par évènement, de prendre bien le temps de penser à l’évènement en choisissant la perle afin que celle-ci lui soit à jamais associée. Ils se sont ainsi tous retrouvés avec une poignée de perles. Je leur ai alors donné du fil pour que chacun relie ses perles. Ils se sont retrouvés avec une sorte de collier représentant les moments importants qu’ils avaient vécus dans cette entreprise. Jusque-là, je les avais fait travailler individuellement. Est venu le temps du partage.

Nous étions assis en cercle et j’ai demandé à chacun de regarder le collier de son voisin et de l’interroger à partir d’une de ses perles: « Qu’est-ce que cette perle dit de toi et de ce qui est important pour toi ? » Sans raconter forcément l’histoire, la personne dit juste ce qu’elle veut partager. Ex. : « Cette perle parle d’amour, car j’ai rencontré ma femme dans cette entreprise ». Ou bien: « Cette perle parle d’harmonie, car c’est une des fois où j’ai réussi à régler un conflit majeur dans mon équipe ».

Ce fut un très bel instant de partage où l’on a honoré les beaux moments professionnels. Ces beaux moments ont été secourus et préservés par la seule force du souvenir. Ils pourront être activés plus facilement par ces perles que nous pouvons garder près de nous, toucher.

Une fois que ces moments précieux ont été célébrés et mis à l’abri, le changement a pu être abordé car les personnes se sentent moins seules et plus fortes face aux futurs défis du changement.

Depuis lors, j’ai souvent utilisé les Perles de vie, notamment cette année avec une classe de 4ème ASP (aide et soutien personnalisé). Ce sont des jeunes détectés comme en difficulté dans leur parcours scolaire et que l’on regroupe dans une classe adaptée à leurs difficultés. Le principe est bon, mais ces jeunes vivent mal le fait d’être à l’écart du système dit « normal ». Mon travail auprès d’eux concerne essentiellement l’estime de soi. Il s’agit qu’ils se construisent une histoire qui les rende plus forts et qu’ils redeviennent ainsi auteur de leur vie.

Vers la fin de ma mission, alors que chacun avait bien avancé sur le chemin de la confiance en soi, je leur ai proposé un exercice qui allait leur permettre de s’accrocher un peu plus à cette confiance retrouvée.

Je leur ai demandé de lister individuellement toutes les personnes importantes, celles qui ont une influence positive dans leur vie, dans toutes les communautés de leur vie: à la maison, à l’école, etc. Pour les aider, je leur ai dit « Vous savez: ces personnes qui, lorsqu’elles vous regardent, font que vous vous sentez plus forts ».

Chacun a ainsi constitué son club de soutien. Ensuite, j’avais prévu tout le matériel nécessaire afin qu’ils aient le choix de faire un collier, un bracelet, un porte-clés, etc. Le principe était le même que pour le groupe de cadres que j’ai évoqué plus haut: prendre le temps de bien choisir les perles en pensant aux personnes qu’on leur associe.

A la fin, j’ai invité chacun des jeunes à présenter au reste de la classe une de ses perles. J’ai demandé : « Est-ce que tu peux nous présenter une de tes perles, celle de ton choix ? Nous dire ce que tu veux sur elle ? » Et ensuite : « A ton avis, en quoi garder cette perle près toi, pourrait t’aider ? A quel moment pourrais-tu en avoir besoin ? Que pourrait-elle te donner comme espoir ? »

Ils avaient magnifiquement compris l’exercice et nous avons eu de très jolies histoires de perles : «Cette perle, c’est ma petite nièce. C’est la seule qui arrive à me redonner le sourire. Je pense que cela pourra m’aider de regarder cette perle quand je serais triste ». « Cette perle c’est ma professeur de français en 6ème. Elle m’aimait bien et moi aussi je l’aimais bien. Avec elle je n’avais pas de problème, j’y arrivais. Je pense que cela pourra m’aider au moment des contrôles, quand je panique, de penser à elle »….

Le professeur principal qui assistait à la séance et moi-même avons été très touchés de voir que certaines perles parlaient de nous. Et nous étions ravis à l’idée que l’aide que nous leur apportions allait, grâce aux perles, se poursuivre au-delà de notre mission.

Dina Scherrer

*Inspirées des traditions amérindiennes, notamment chez les Indiens Navajos où les colliers de perles ont une portée symbolique. Ils protègent, donnent de la force et du courage.
*Dédicace à mon amie et collègue Véronique Vittet et à nos conversations stimulantes. C’est lors d’une de nos conversations qu’est née pour moi l’idée des Perles de vie.

Publié le : 1 mai 2015 | Aucun Commentaire | Partager/Mettre en favoris