Nous venons de vivre trois jours formidables à la Classe de Mer 2011 d’Arcachon avec Stephen Madigan, à réfléchir et à expérimenter comment lutter contre l’individualisme, les relations de pouvoir et le contexte social des problèmes.
Il nous a transportés encore un pas plus loin au-delà de ce que savions déjà des Pratiques Narratives en partageant avec nous sa pratique, ses idées nouvelles, ses expériences avec une grande simplicité et générosité.
Je vais garder et intégrer beaucoup d’idées et de concepts qui vont venir enrichir ma pratique.
Notamment son travail pour lutter contre l’individualisme : les clients parlent de façon individualiste et nous, il nous faut faire de l’anti-individualisme. Il nous faut explorer comment le problème fonctionne en relation à la culture de la personne et de son environnement. Les sélections que font les personnes des évènements dont elles tissent leurs histoires sont influencées par la culture. Plutôt que de situer le problème dans la personne, nous devons le voir côté relationnel : Qu’est-ce qu’on dit ? Qui a le droit légitime de le dire ? Avec quelle autorité ? Il convient de regarder les histoires dominantes comme étant produites et reproduites dans la communauté.
Je retiens son formidable travail autour des groupes de soutien de la personne. Il dit : « je veux rencontrer la communauté relationnelle de la personne. C’est souvent cette communauté qui garde la mémoire de la personne jusqu’à ce que elle la retrouve ».
Je retiens aussi son travail autour de l’anticipation de l’espoir : Qu’est-ce que l’on anticipe de devenir ? Qui préfèrerions-nous être ? Si vous n’aviez pas ce problème, qui aimeriez-vous devenir ? A quoi pourrait ressembler ce premier pas qui va vers cette histoire préférée ? Comment vous vous préparez à faire ce premier pas ? Qui pourrait vous aider à faire ce premier pas ?
Je retiens son travail autour de l’exploration de la perte. Une nouvelle manière de regarder les effets du problème. Pour pouvoir avoir cette relation avec le problème, il faut perdre quelque chose. Le problème n’y est pas arrivé tout seul : Qu’elle a été la plus grande perte pour toi ? Qu’est-ce qui vous manque dans ce que vous vivez actuellement ? Pourquoi ça vous manque ? Où pensez-vous que c’est parti ?
Stephen nous rappelle également que le problème a des pratiques. Donc, il faut explorer ces pratiques, les mises en actes du problème. Mais il nous rappelle que les capacités, les compétences ont aussi des pratiques. Mettre en actes les compétences : Qu’avez-vous fait pour résister à cela ? Quand la personne vient nous consulter c’est déjà une mise en acte de ses capacités.
Je retiens son travail autour de l’histoire alternative. Il dit : « J’écoute toujours l’histoire de façon à pouvoir entendre quelque chose qui ne colle pas avec l’histoire du problème. L’histoire secondaire émerge quand nous commençons à avoir des suspicions sur le problème ».
Un grand merci à la Fabrique Narrative d’avoir organisé cette belle rencontre.
Publié le : 10 septembre 2011 | | Partager/Mettre en favoris
Jeanne est une jolie et brillante jeune fille de dix-huit ans, qui après avoir décroché son Bac S est aujourd’hui en prépa Kiné, une orientation qu’elle a choisie et qui lui tient particulièrement à cÅ“ur.
Tout irait parfaitement bien si Jeanne n’était pas obligée de lutter contre ce qu’elle a appelé « Crise d’angoisse » et qu’elle décrit comme un sentiment de panique qui l’envahit à des moments bien précis.
« Crise d’angoisse » est arrivée dans la vie de Jeanne il y a un peu plus de trois ans, quand elle était en 3ème. Elle a été particulièrement présente en 1ère S,  ce qui a rendu son année difficile, a fait chuter ses notes et failli la faire redoubler. Depuis « Crise d’angoisse » est surtout présente au moment de prendre la parole en cours, même si parfois elle tente de faire une apparition quand Jeanne est avec certains amis, ce qui lui donne l’impression d’être un peu plus réservée que les autres.
Au moment où Jeanne décide de venir me voir, « Crise d’angoisse » semble occuper pas mal de place dans sa vie, surtout en cours quand Jeanne doit prendre la parole devant ses camarades et ses professeurs. Alors, Jeanne ne dort pas la nuit quand elle sait qu’elle va prendre la parole le lendemain. Le jour où elle doit prendre la parole, elle est terriblement angoissée en attendant qu’on l’interroge, et du coup n’est plus très attentive à ce qui se passe en cours. Au moment où elle doit parler, elle a la voix qui tremble et elle perd ses moyens, et après avoir parlé elle ressent la honte de ne pas avoir pu mieux maîtriser la situation.
L’objectif de Jeanne en venant me voir est très clair : se débarrasser de « Crise d’angoisse » qui l’empêche de vivre et de profiter pleinement de ses études. Elle craint aussi de devoir passer toute sa vie avec elle et qu’elle prenne de plus en plus de place dans son existence.
Ce qui me fascine chez Jeanne c’est la précision avec laquelle elle me raconte tous les effets de « Crise d’angoisse » dans sa vie et l’expertise qu’elle a sur son histoire de problème et ses effets.  Nous avons avancé en enquêtant sur les intentions de « Crise d’angoisse » pour la vie de Jeanne. Les avantages, les inconvénients que cela a sur sa vie. Sur tout ce que Jeanne avait déjà  tenté pour éloigner « Crise d’angoisse » de sa vie.Â
Cela a permis à Jeanne de s’apercevoir qu’elle a toujours été active face à ce qui lui arrivait. « Crise d’angoisse » par exemple n’a pas empêché Jeanne d’avoir une bonne note à son oral de Français au Bac, ne l’a pas empêchée non plus de faire du théâtre pendant des années et d’en retirer beaucoup de plaisir et aussi de terminer ce premier trimestre de Prépa avec une bonne évaluation. Et, surtout, cela lui a permis de comprendre que, derrière sa difficulté de prendre la parole devant ses camarades, il y avait son souci de ne pas trop en faire pour rester au même niveau que ses camarades, car, ce qui est important pour Jeanne, c’est d’être attentive aux autres.
 Aujourd’hui « Crise d’angoisse » a perdu de son intensité dans la vie de Jeanne. Lors d’une de nos dernières séances, j’ai proposé à Jeanne d’écrire une lettre de licenciement à « Crise d’angoisse ». Elle a tout de suite accepté. Quand elle m’a lu sa lettre j’ai été très émue, car, en acceptant d’écrire à « Crise d’angoisse », elle acceptait l’idée qu’elle, Jeanne, n’était pas le problème. Jeanne m’a autorisée à publier sa lettre pour que cela aide peut être d’autres jeunes qui connaîtraient la même situation qu’elle.
« Peu chère Crise d’angoisse,
Cela fait maintenant un peu plus de 3 ans que nous nous côtoyons et je t’écris cette lettre pour te demander de me laisser continuer ma route sans toi.
Même si cela a été difficile à avouer, j’ai bien pris conscience que tu n’étais pas là pour rien et que tu me protégeais et me permettais de ne pas penser à des choses plus inquiétantes que toi.
Te côtoyer m’a donc apporté quelques avantages mais cela me semble si peu à côté de ce que tu m’as fait endurer : le renfermement sur moi-même, la perte de confiance en moi, les heures de sommeil perdues à t’appréhender, l’énergie dépensée à essayer de te contrôler lorsque tu m’envahissais malgré moi et ce sentiment de honte que je m’imposais après t’avoir laisser me paralyser devant les autres alors que finalement c’est toi qui devrait avoir honte de m’imposer cela.
Il serait mieux pour moi que tu partes pour que je puisse m’épanouir et profiter de mes études que j’ai la chance d’avoir pu choisir, pour que je puisse enfin prendre la parole librement en cours sans que cela me demande un effort surhumain, sans croire que j’en suis incapable et sans avoir l’impression que la pire des choses va m’arriver.
Merci d’accepter ma décision, c’est sans verser une larme que je te dis adieu.
Jeanne »
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Publié le : 19 décembre 2010 | | Partager/Mettre en favoris
Le tunnel Publié le : 11 décembre 2010
J’ai toujours été mal à l’aise lorsque je dois traverser un espace fermé et obscur. Quand j’étais enfant, nous avions un couloir long et sombre où j’ai ressenti de grandes frayeurs. En voiture, il m’est arrivé de faire un détour de plusieurs kilomètres plutôt que de traverser un long tunnel comme celui de La Défense. La semaine dernière, à la suite d’importantes chutes de neige dans la région parisienne, j’ai passé onze heures dans ma voiture pour faire vingt-cinq kilomètres. Onze heures, dont quatre sans bouger. Dans un tunnel. Je pourrais donc vous faire le récit d’une épreuve horrible. Car, en plus, j’ai eu tout le temps de le voir venir, le tunnel ! Pendant des heures, j’ai vu son entrée se rapprocher inexorablement, sans avoir la possibilité de me défiler, emprisonnée par les voitures qui entouraient la mienne de toute part, devant, derrière, sur les côtés. Et, une fois dans sa bouche sombre, la circulation s’est immobilisée. Quatre heures avant de ressortir. De quoi savourer l’angoisse jusqu’à la panique.
Mais ce n’est pas cette histoire-là que je vais vous raconter. Dans la même situation, quelques années plus tôt, cela aurait été terrible, et j’ai bien senti « l’angoisse du couloir » qui tentait de s’emparer à  nouveau de moi, de me « recruter ». Alors, je me suis rapidement mise en « mode survie ». J’ai commencé par repérer les ouvertures possibles pour échapper à cette situation. J’ai localisé les issues de secours. J’ai évoqué l’éventualité de laisser la voiture sur place et de partir à pied. J’ai établi, grâce à mon téléphone portable, un lien avec l’extérieur en appelant tous ceux qu’il m’est possible d’appeler à minuit sans qu’ils me raccrochent au nez… Autrement dit, j’ai fait foisonner des histoires alternatives à celle de la peur du tunnel. Et je me dis maintenant que ce tunnel est une formidable image pour parler d’une histoire dominante qui nous enferme. Créer des histoires alternatives, c’est percer des issues de secours dans le tunnel.Â
Du coup, j’ai pu vivre et je peux vous raconter une autre version de cette traversée du tunnel. Ce que je garde de cette expérience et qui m’a beaucoup touchée, c’est la formidable solidarité qui s’est mise en place pendant cette épreuve. Dès qu’une voiture patinait ou s’enlisait, plusieurs personnes se mobilisaient pour l’aider. Ceux qui avaient de la nourriture ou de l’eau partageaient avec les autres. Des routiers ont pris en charge une mère et ses enfants en panne d’essence. Des groupes de femmes se relayaient pour cacher celles qui avaient une envie pressante à satisfaire. Des journaux et des magazines circulaient de voiture en voiture. Les gens sortaient de leur véhicule et se parlaient, se remontaient le moral spontanément. Les regards qui s’échangeaient parlaient de compassion et de soutien. Le tout en pleine nuit, sous la neige, par -2° de température, sur une autoroute totalement paralysée. Ce qui était parti pour être un cauchemar s’est transformé en aventure humaine.
Les jeunes, les moins jeunes, les familles, les routiers, des personnes qui ne se seraient certainement jamais rencontrées par ailleurs se retrouvaient sur la même route plongées dans la même histoire.
Quant à moi, comme l’angoisse tentait à nouveau de m’envahir, une jeune femme d’une vingtaine d’année est venue taper à ma vitre. Elle m’a dit qu’elle était paniquée, qu’elle avait du mal a respirer. Elle ne le savait pas, mais c’était un peu l’état contre lequel je luttais moi-même. Je l’ai rassurée comme j’ai pu, en partageant avec elle les idées que j’avais élaboré pour aller mieux. Elle ne saura certainement jamais le bien qu’elle m’a fait en venant me parler de son malaise. Car, en la rassurant, je me suis rassurée moi-même.Â
N’est-ce pas finalement ce que nous faisons tous les jours en coaching : aider une personne qui sans le savoir nous aide aussi…Â
Dina Scherrer
Publié le : 11 décembre 2010 | | Partager/Mettre en favoris
Depuis que j’accompagne des jeunes en décrochage scolaire, il apparait qu’une de leurs principales difficultés – hormis  de devoir résister à ce qu’ils appellent « la concurrence aux devoirs » : Facebook, la télévision, les jeux vidéos, les sorties avec les amis – est de réussir à se concentrer suffisamment longtemps pour pouvoir travailler seuls, chez eux, le soir.
C’est le cas de Lucas, un jeune homme de seize ans que j’accompagne, qui après avoir redoublé 2 fois se retrouve en seconde avec un bulletin de deuxième trimestre qui laisse présager peu de chance qu’il passe en première. Il est même envisagé de le changer d’établissement afin de lui faire intégrer une première technologique.
Pour Lucas, c’est hors de question : il veut passer en première ES. Mais, il ne comprend pas pourquoi il n’y arrive pas. Il se sent décalé, incompris. Or, c’est un jeune homme extrêmement intelligent et qui a beaucoup d’humour. Il me raconte comment il s’y prend pour travailler. Il me dit se mettre devant sont bureau, dans sa chambre et y passer trois heures. Mais que, sur ces trois  heures, il n’arrive généralement à travailler… qu’un quart d’heure.  Je lui demande ce qu’il fait le reste du temps. Il me répond « rien ». Alors, je lui demande à nouveau : « Et qu’est-ce que tu fais quand tu ne fais rien ? ». « Je pense ». Et moi d’insister: « Et tu penses à quoi ? ». Et lui :  « A plein de choses, je ne sais pas moi !».Â
Pour aider Lucas, je lui ai parlé d’un livre que j’avais lu et qui m’avait beaucoup plu.  Il s’agit d’« Un privé à Babylone »,  de Richard Brautigan. C’est un polar qui raconte avec beaucoup d’humour l’histoire d’un détective privé à qui rien ne réussit vraiment dans la vie, sauf quand il se projette dans « Babylone », une ville qu’il s’est inventée et où tout lui réussit. Dès qu’il le peut, il pense à Babylone et, là -bas, il est toujours aimé, respecté, reconnu. Mais de penser à Babylone lui fait rater pas mal d’affaires. Jusqu’au jour où un nouveau contrat se présente, qui peut lui faire gagner beaucoup d’argent. La solution  à pas mal de ses problèmes,  car il doit de l’argent à tout le monde et il n’est pas loin de se faire expulser de son appartement. On peut voir,  tout au long du livre, les efforts qu’il fait pour résister subtilement à Babylone afin de pouvoir suivre efficacement cette affaire qui pourrait le remettre à flot.
Cette histoire a été pour moi un magnifique sésame pour avancer avec Lucas et avoir accès à son univers. J’ai eu la chance que Lucas m’ouvre les portes de sa Babylone et, dans la Babylone de Lucas il y avait un véritable trésor.  Comme dans les sabots d’Hélène – de Brassens – il y avait les pieds d’une reine. Encore fallait-il les voir. Lucas m’a dit, par exemple, « Je pense à qui je suis et qui j’ai envie d’être » « je me teste » « Je m’imagine des situations et je me demande comment je réagirais » Autant de pépites qui allaient me révéler ce qui est important pour Lucas dans sa vie. Il ne me restait plus qu’à les accueillir, à les relier au monde réel afin que Lucas en nourrisse sa vraie vie et à les étoffer.
Reconnecter Lucas à ce qui est précieux pour lui, allait pouvoir lui permettre de reprendre confiance en lui.  Il  n’était plus seulement un jeune homme en difficulté scolaire mais aussi et surtout un jeune homme pour qui le respect de soi et des autres, l’honnêteté,  la fidélité, la sincérité, l’humour, la gentillesse sont  le fil conducteur de sa vie. Il m’a même confié qu’il se voyait bien, plus tard, humoriste,  afin de faire rire les gens car Lucas aime quand les gens sont heureux autour de lui. Merci Lucas.
Dina Scherrer
Publié le : 27 novembre 2010 | | Partager/Mettre en favoris
Lors d’un de nos derniers groupes de pairs, où nous avions décidé d’expérimenter « l’arbre de vie », je me souviens m’être sentie un peu ridicule, au moment de présenter mon arbre, à la lecture du mot « couscous » que j’avais écrit impulsivement entre les racines de mon arbre. Aux racines d’un arbre de vie j’imagine que l’on trouve plus souvent des mots comme « père », « mère », « pays », « ancêtres », « langue », que le nom d’une spécialité culinaire. Pourtant, j’y ai repensé et je suis persuadée que certains aliments sont une vraie composante de notre identité, une invocation à la mémoire, une source d’histoires à raconter ou, seulement, à rêver.
Un plat comme le couscous, pour moi, c’est un « hyperlien » vers ma saga familiale. Je revois ma mère, le dimanche matin, émietter la semoule brûlante entre ses mains pendant que le fumet du bouillon emplit la maison. Je revois mes frères et sÅ“urs, mes oncles, mes tantes, les jeunes, les vieux, se retrouver chez nous et raconter leurs vies, souvent baignées de nostalgie pour les plus anciens, contraints, quelques années plus tôt, de quitter l’Algérie. Je revois notre vie d’alors, si différente… Le couscous de ma mère était le confluent d’une multitude d’histoires qui se rejoignaient le dimanche pour n’en former qu’une. J’ai repris la tradition et je sais ce qu’il me faut faire aujourd’hui pour rassembler une famille qu’éparpillent les emplois, les intérêts et les obligations : j’annonce à qui veut l’entendre que, tel dimanche, je vais faire un couscous, et je sais que toute la fratrie sera là .
Cette réflexion m’a amené à sonder quelques connaissances et j’ai été rassurée de voir que telle ou telle cuisine occupait chez les uns et les autres, comme chez moi, des fonctions symboliques. Chez certains de mes amis, il n’y a pas d’anniversaire ou de célébration sans canard. En foie gras d’abord, puis en magret ou confit, le volatile rappelle à ces exilés les doux paysages de leur Sud-ouest natal. Accompagné de pommes de terre cuites dans la graisse, relevé d’ail, arrosé d’un cahors, il parle des repas d’antan, des parents qui ne sont plus, des maisons qu’on a dû quitter, des enfances qui se sont évanouies – mais aussi des amis qu’on a encore « là -bas ». D’ailleurs, parfois, on s’approvisionne en conserves ou en vin chez les amis en question et cela renforce de complicité réelle une consommation symbolique.
Le choix des boissons qui accompagnent ces repas vient parfois ajouter des nuances particulières. « Dans les grandes occasions – me dit l’un – je sers du veuve clicquot : c’était le champagne préféré de mon père. C’est comme si je l’invitais à être de nouveau parmi nous. Mais c’est seulement pour les évènements vraiment familiaux ». Un autre m’a avoué : « Je sais bien qu’il en est de meilleurs, mais, pour nous autres Basques, il a une valeur tellement symbolique que j’achète tous les ans quelques caisses de vin d’Irouléguy ». Et un autre encore, quand il reçoit des amis de jeunesse, ne craint pas de marier des plats bien français avec un certain vin d’Australie en souvenir d’un voyage qu’ils firent là -bas.
La cuisine est une mémoire, un langage. Et aujourd’hui j’ai conscience que réunir ma famille, mes amis autour d’un couscous est une manière de rendre hommage à mon histoire, à mes origines.
Publié le : 23 août 2010 | | Partager/Mettre en favoris