La Fabrique Narrative démarre en octobre prochain deux nouveaux groupes de formation aux Pratiques Narratives : à Bordeaux et à Paris. Si vous connaissez quelqu’un pouvant être intéressé par cette approche, n’hésitez pas à lui retransmettre ce message.
Ouverte à tous les professionnels de l’accompagnement (coachs, thérapeutes, travailleurs sociaux, médecins, enseignants…) et à tous ceux qui souhaitent le devenir, cette formation permet de maîtriser une approche à la fois respectueuse, extrêmement puissante et éthique, qui se développe très rapidement depuis 30 ans dans le monde entier.
Le cursus de formation dure 2 ans : 6 séminaires de 2 jours la première année et 4 séminaires de 2 jours l’année suivante. Une formation plus spécialisée aux pratiques Narratives en Organisation (NOP) est également disponible en 2ème année, s’adressant plus spécifiquement aux coachs.
La Fabrique Narrative est un centre européen de formation et d’intervention spécialisé dans les différentes applications des pratiques narratives, en contact permanent avec les centres narratifs de référence en Australie et au Canada.
Pour en savoir plus :
http://www.cooprh.com/cursus/
Catherine Roulin : catherine@cooprh.com
05 56 12 69 62
Publié le : 17 mai 2012 | | Partager/Mettre en favoris

J'ai toujours pensé que les gens qui viennent nous voir sont beaucoup plus intéressants qu'ils ne le disent. Michael White
Les origines
Les Pratiques Narratives ont vu le jour en Australie il y a maintenant presque trente ans. Michael White (1948-2008), thérapeute australien, et David Epston, thérapeute néo-zélandais, en sont les deux chefs de file. Leur introduction en France est très récente.
C’est une approche qui vient avant tout de l’accompagnement collectif. Elle a été mise au point par des travailleurs sociaux qui, dans leur travail quotidien, étaient confrontés à des populations en proie à diverses dépendances, à l’inceste, au viol, à la pédophilie, ainsi qu’à des suicides.
Ce n’est pas un hasard si cette approche est née en Australie. Ce continent a été l’objet d’une colonisation violente. La population d’origine y a été la victime d’un double génocide. La quasi-totalité des Aborigènes a été éliminée physiquement et, dans ce qui restait des communautés, la pratique systématique a été d’enlever les enfants à leur famille pour les placer chez des colons afin de les « assimiler ». Depuis lors, des problèmes dramatiques se sont développés au sein des communautés aborigènes, notamment l’alcoolisme, la violence, l’inceste. La déscolarisation fait aussi partie des maux de cette société et, comme on peut s’en douter, elle n’arrange rien. Des psychologues et thérapeutes blancs ont été sollicités. Parmi eux, Michael White, qui s’est démarqué par une posture originale. Il a dit aux Aborigènes : « On nous demande de vous aider à résoudre des problèmes que nous avons créés. C’est un peu compliqué pour nous. Nous ne connaissons rien à votre culture, à vos traditions. Donc, tout ce que nous pouvons faire pour vous aider est de vous demander de nous expliquer comment vous pensez le monde, et de rechercher dans votre culture et dans vos traditions, qui ont 50 000 ans, si par hasard il y a des solutions qui ont déjà été élaborées pour résoudre les problèmes de la communauté. »
Pour moi, le fondement même des Pratiques Narratives est là , dans cette posture modeste que Michael White adopte face aux Aborigènes. C’est l’autre qui sait, qui est expert de sa vie. C’est l’autre, en nous parlant de ce qu’il vit, en répondant à notre invitation de nous aider à l’aider, qui va s’aider lui-même. Individu ou communauté, chacun possède en lui la ressource de développer les histoires qui le rendront plus fort.
Ce que sont les Pratiques Narratives pour moi
Les Pratiques Narratives, pour moi, sont à la fois une représentation de l’être humain, une éthique de la relation à l’autre et une méthode d’intervention.
Une représentation de l’être humain
Nous savons tous que les peuples se racontent des histoires qui forgent leur identité. Certaines de ces histoires sont directement constatables : dans les légendes qu’on se répétait ou qu’on chantait jadis, dans les textes qui structurent la vision du monde, ou, à l’époque moderne, dans les manuels utilisés dans les classes par les enseignants. Qu’est-ce qu’être hébreu, chrétien, musul-man, français, russe ou chinois, marxiste, néolibéral ou écologiste, sinon se raccorder à une histoire qui explique le monde et comment s’y comporter ?
Que l’identité se tisse d’histoires n’est pas seulement vrai pour un peuple ou une communauté. Comme l’a montré, en France, Boris Cyrulnik, c’est tout aussi vrai pour les individus. Chacun d’entre nous, plus ou moins consciemment, se raconte des histoires et ces histoires ont une conséquence déterminante sur la façon dont il vivra les événements qui affecteront sa vie.
Selon la narrative, il convient de parler d’histoires au pluriel. Les individus ou les communautés qui survivent à une épreuve inouïe ont parfois dû changer l’histoire qu’ils se racontaient. Mais une nouvelle histoire ne s’achète pas en magasin, comme un autre disque à mettre sur le lecteur. Une nouvelle histoire n’est vraiment nôtre que si elle se raccorde à notre intimité la plus profonde, que si elle se tisse de ce qui est déjà en nous.
La représentation que nous propose donc la Narrative de l’être humain est celle d’un être « multi-histoires ». Il peut interpréter une « histoire dominante », de même qu’on interprète une partition musicale ou un rôle. Mais, en cas de besoin, il est capable, en fouillant dans ses expériences de vie, de constituer ou de faire ressurgir une nouvelle histoire qui sera vraiment sienne tout en lui offrant des choix et des stratégies plus pertinents. Vivre sa vie différemment, en accord avec ses valeurs et principes, est l’aboutissement de la démarche narrative.
Une première conséquence de cette aptitude à produire des histoires différentes est que la personne peut être détachée du problème. Dans la représentation de l’être humain à laquelle nous invite la Narrative, il y a ce principe clé selon lequel « le problème est le problème, la personne est la personne, la personne n’est pas le problème ». On touche ici, déjà , à l’éthique dont la Narrative est porteuse.
Une représentation, donc, de la personne comme étant « multi-histoires » mais avec, parmi ces histoires, un récit qui prend davantage d’importance que les autres, que nous appelons « l’histoire dominante ».
Nous avons tous des histoires dominantes que nous faisons vivre dans les différentes étapes de notre vie. Elles se construisent à partir de ce qui se raconte et de ce qui se dit de nous dans nos milieux d’origine – famille, communauté locale ou professionnelle, école, etc. – et s’enrichissent de ce que nous vivons. Elles s’ancrent en nous au fil des années et finissent par prendre une place de plus en plus grande. Certaines de ces histoires peuvent nous aider à faire face à des situations difficiles. D’autres, inversement, peuvent nous empêcher d’avancer ou nous faire souffrir. Elles deviennent alors des « histoires dominantes à problèmes » et c’est souvent ce qui amène nos clients à venir nous voir.
Quand un client vient nous voir, il nous raconte souvent une histoire dominante à problème, par exemple : « Je suis trop timide » ou « Je suis quelqu’un qui ne sait pas prendre de décision. » Il nous raconte son histoire comme si c’était à la fois la réalité et la fatalité. « Je suis comme cela », autrement dit : « Je suis né comme cela, je ne peux pas être autrement. » Pour nous la raconter, il va aller chercher spontanément dans ses expériences de vie tous les exemples qui renforcent sa croyance qu’il est « comme cela ».
Tout le travail d’un accompagnement narratif va être d’écouter et d’accueillir cette « plainte » de notre client. J’entends « plainte » comme l’expression par une personne de sa souffrance, de son mal-être ou de son insatisfaction. Mais il ne s’agit pas seulement de l’écouter et de l’accueillir. Il s’agit de considérer cette plainte comme un hommage que cette personne rend à ses valeurs. Car un problème est un problème quand ce qui est important pour la personne est étouffé. Il s’agit donc d’abord de reconnecter celle-ci avec ce qui a de la valeur pour elle dans la vie. Son « histoire de problème » prendra alors pour elle des allures de résistance, sa manière à elle de rester fidèle à ce qui lui est important.
Ensuite, il s’agit de faire prendre conscience à notre client que l’histoire qu’il raconte ne prend pas autant de place que cela dans sa vie et qu’il y a encore beaucoup d’espace pour d’autres histoires possibles pour lui. Des histoires d’exceptions à l’histoire jusque-là vécue comme dominante et problématique.
L’inviter à aller puiser dans ses autres expériences de vie toutes les fois où le problème ne s’est pas manifesté, toutes les fois où il a eu de l’influence voire le dessus sur le problème. Avec les exceptions va naître au fur et à mesure des séances une nouvelle histoire, que nous appelons une « histoire préférée ». En prenant de l’ampleur, cette histoire préférée viendra contrebalancer l’histoire du problème qui du coup perdra de plus en plus de son pouvoir sur la personne.
Une éthique de la relation à l’autre
La narrative est une éthique car elle nous invite à avoir un regard positif sur tout être humain et à n’intervenir que dans le respect de sa responsabilité.
Elle considère aussi que, si ce que nous appelons « l’individu » existe, il ne saurait en revanche se construire, identitairement, sans la société de ses semblables. Elle s’adresse donc certes à l’individu, mais à l’individu dans une communauté – de vie, de travail, etc.
Jamais la personne et le problème ne sont confondus. Le regard du coach narratif est fondé principalement sur deux choses :
- la foi inconditionnelle dans les potentialités de l’autre, quel que soit le visage qu’il nous présente ou l’histoire par laquelle il s’est fait – comme nous disons – « recruter »;
- la foi dans sa capacité de liberté et de respon-sabilité par rapport aux histoires qui l’asservissent.
Chacun d’entre nous est considéré comme ayant une aptitude inaliénable à orienter le cours de sa vie. Chaque être humain est à lui-même son propre espoir. Il ne s’agit donc pas, pour le coach narratif, d’être une sorte de directeur de conscience, d’enseigner les bons comportements ou d’orienter les choix de la personne, mais d’inviter la personne qui est en face de lui à visiter des ressources qu’elle a déjà à son insu pour produire de nouvelles solutions.
Ce regard sur l’autre, prêt à accueillir, peut être facilité par des dispositions personnelles du coach, mais il n’est en aucun cas acquis et reste en permanence à cultiver et à entretenir. C’est l’effort éthique, parfois l’ascèse, propre au coaching narratif.
Une méthode d’intervention
La particularité de la méthode narrative est d’être un questionnement sur les récits. Par son questionnement, le coach fait émerger les récits qui structurent l’identité et les comportements de la personne.
C’est une méthode d’intervention basée sur des conversations narratives. Derrière chaque question du coach narratif il y a une intention, celle d’aller chercher un certain type d’information.
Il y a les conversations narratives « externalisantes » : elles s’appuient sur des questions qui ont pour intention de faire émerger l’histoire dominante et de détacher la personne du problème.
Il y a les conversations de « re-autoring », avec des questions dont l’intention est d’aller chercher dans la vie des personnes tout ce qui est important pour elles : rêves, espoirs, croyances, engagements, afin de les aider à augmenter leur sentiment d’initiative et d’influence personnelles et, au final, afin de les rendre à nouveau auteur de leur vie. Qu’est-ce qu’il veut ? Quelle est son intention ? Les gens agissent toujours dans un objectif. Leur permettre de développer le plus d’histoires possible à partir de leurs intentions.
La reine des questions étant : Qu’est-ce qui est vraiment important pour toi ?
Dina Scherrer
Publié le : 3 mars 2012 | | Partager/Mettre en favoris
Mon livre sur une expérience vécue d’un accompagnement en milieu scolaire auprès de jeunes en difficulté. Préface de Monsieur Stéphane Hessel.
Pour en savoir plus : http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/explorations/segpa-le-livre.html#more-2512
Publié le : 12 novembre 2011 | | Partager/Mettre en favoris
Nous venons de vivre trois jours formidables à la Classe de Mer 2011 d’Arcachon avec Stephen Madigan, à réfléchir et à expérimenter comment lutter contre l’individualisme, les relations de pouvoir et le contexte social des problèmes.
Il nous a transportés encore un pas plus loin au-delà de ce que savions déjà des Pratiques Narratives en partageant avec nous sa pratique, ses idées nouvelles, ses expériences avec une grande simplicité et générosité.
Je vais garder et intégrer beaucoup d’idées et de concepts qui vont venir enrichir ma pratique.
Notamment son travail pour lutter contre l’individualisme : les clients parlent de façon individualiste et nous, il nous faut faire de l’anti-individualisme. Il nous faut explorer comment le problème fonctionne en relation à la culture de la personne et de son environnement. Les sélections que font les personnes des évènements dont elles tissent leurs histoires sont influencées par la culture. Plutôt que de situer le problème dans la personne, nous devons le voir côté relationnel : Qu’est-ce qu’on dit ? Qui a le droit légitime de le dire ? Avec quelle autorité ? Il convient de regarder les histoires dominantes comme étant produites et reproduites dans la communauté.
Je retiens son formidable travail autour des groupes de soutien de la personne. Il dit : « je veux rencontrer la communauté relationnelle de la personne. C’est souvent cette communauté qui garde la mémoire de la personne jusqu’à ce que elle la retrouve ».
Je retiens aussi son travail autour de l’anticipation de l’espoir : Qu’est-ce que l’on anticipe de devenir ? Qui préfèrerions-nous être ? Si vous n’aviez pas ce problème, qui aimeriez-vous devenir ? A quoi pourrait ressembler ce premier pas qui va vers cette histoire préférée ? Comment vous vous préparez à faire ce premier pas ? Qui pourrait vous aider à faire ce premier pas ?
Je retiens son travail autour de l’exploration de la perte. Une nouvelle manière de regarder les effets du problème. Pour pouvoir avoir cette relation avec le problème, il faut perdre quelque chose. Le problème n’y est pas arrivé tout seul : Qu’elle a été la plus grande perte pour toi ? Qu’est-ce qui vous manque dans ce que vous vivez actuellement ? Pourquoi ça vous manque ? Où pensez-vous que c’est parti ?
Stephen nous rappelle également que le problème a des pratiques. Donc, il faut explorer ces pratiques, les mises en actes du problème. Mais il nous rappelle que les capacités, les compétences ont aussi des pratiques. Mettre en actes les compétences : Qu’avez-vous fait pour résister à cela ? Quand la personne vient nous consulter c’est déjà une mise en acte de ses capacités.
Je retiens son travail autour de l’histoire alternative. Il dit : « J’écoute toujours l’histoire de façon à pouvoir entendre quelque chose qui ne colle pas avec l’histoire du problème. L’histoire secondaire émerge quand nous commençons à avoir des suspicions sur le problème ».
Un grand merci à la Fabrique Narrative d’avoir organisé cette belle rencontre.
Publié le : 10 septembre 2011 | | Partager/Mettre en favoris
En m’initiant à l’Arbre de vie à la Fabrique, j’ai tout de suite saisi l’intérêt d’un tel outil qui, pour moi, à deux fonctions essentielles : permettre d’étoffer au maximum l’histoire préférée de la personne et permettre également de mettre en lumière, au travers des racines notamment, les différents contextes qui pourraient avoir une influence dans sa vie.
En individuel ou en groupe, en entreprise ou dans différentes communautés, l’Arbre de vie peut être adapté et permettre aux personnes de parler de leur vie en utilisant ce qu’elles savent de leur connaissance sur les arbres, tout simplement qu’ils ont des racines, un tronc, des branches maîtresses, des branches, des bourgeons, des feuilles, des fleurs, de la sève, etc. On peut utiliser la métaphore de l’Arbre pour faire émerger compétences et ressources, pour faire des liens et donner du sens à son parcours. C’est un outil puissant pour recueillir des informations auprès des jeunes tout en les aidant à se projeter dans l’avenir. Pour terminer, je dirai qu’il permet de mieux connaître nos interlocuteurs et leur offre la possibilité de prendre de la distance nécessaire pour regarder leur  vie. En outre, c’est un outil très accessible, intuitif.
Etoffer l’histoire préférée de la personne
En fonction de ce qui peut amener une personne à venir nous voir, on utilisera l’Arbre de vie pour que cette personne trouve du sens à ses initiatives (les racines et le sol dans lequel elles plongent), pour honorer ses ressources (le tronc), explorer ses projets, les espoirs qu’elle nourrit pour sa vie (les branches), pour la sortir de son isolement en identifiant les personnes importantes et ressources autour d’elle (les feuilles). Pour la rendre consciente des évènements importants, des rencontres, des chances qu’elle a su saisir et qui ont influencé sa vie positivement (les fruits).
Mettre en lumière les différents contextes dans lesquels a  évolué ou évolue la personne
Pour moi, pour qui le contexte élargi n’est pas toujours évident à explorer, l’Arbre de vie a été très aidant. En effet, au niveau des racines, quand la personne est invitée à mettre des mots sur : « Quelle est ton histoire ? Qu’est-ce qui fait que tu es la personne que tu es aujourd’hui ? Qu’est ce qui t’a construit ? ».  Aux jeunes qui ont un peu de mal, je demande souvent : « Qu’est-ce qui fait que tu es le jeune homme de quinze ans que tu es aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait que tu es unique ? Qu’est-ce qui, dans ta vie, a fait le jeune homme que tu es ? »
A ces questions, de magnifiques éléments de contexte viennent éclairer l’histoire des personnes. Souvent, chaque racine est un contexte différent. Et, quand la personne me présente ses racines, c’est souvent un moment de prise de conscience de ce qui conditionne un peu sa vie.
En individuel
Aujourd’hui, j’utilise l’Arbre de vie avec quasiment chacun de mes clients. Souvent en début de mission, car il me permet de faire connaissance avec la personne qui est venue à moi. Ensuite, à chacune de nos séances, j’affiche son arbre. Et quand, lors de nos conversations, un nouvel élément émerge, c’est souvent une occasion d’étoffer son arbre. Rajouter une feuille, en enlever une. Rajouter une compétence ou autre chose. Faire du « re-membering » en s’adressant à une feuille.  On peut aussi décider d’écrire une lettre à une feuille. C’est une manière de reconnaître la contribution de la feuille dans la vie de la personne. Quand l’arbre est bien nourri, et souvent avant de clôturer une mission, je propose à mon client d’inviter un témoin extérieur pour « résonner » à son arbre. Il peut choisir une personne de son entourage ou s’il ne le souhaite pas, je peux aussi lui proposer une personne de mes relations. Pour les mineurs, je propose souvent de présenter leur arbre à un parent, l’ occasion de l’étoffer encore davantage et de renforcer les acquis.
En groupe – La forêt de vie
J’ai eu l’opportunité d’expérimenter l’Arbre de vie pour différentes communautés de personnes : des classes de jeunes en grande difficulté scolaire, des groupes de travailleurs sociaux (médiateurs éducatifs), des groupes d’étudiants coachs et des groupes de jeunes adultes sans qualification, en recherche d’emploi dans des missions locales.
Les objectifs selon les groupes peuvent être différents, mais en créant son Arbre de vie et en l’associant à ceux des autres pour former une « Forêt de vie », l’intention narrative reste sensiblement la même tout en s’élargissant : mieux se connaître, étoffer l’histoire préférée de la personne, du groupe,  la faire rayonner à un plus large niveau.
Dans le cas de la « Forêt de vie », je demande à chaque personne du groupe de réaliser d’abord son arbre de vie, seule, chacun travaillant ainsi au contact des autres, au même rythme, mais de son côté. Ensuite, nous affichons les arbres au mur et cela fait la Forêt de vie. J’avais apporté  mon propre arbre de vie que j’ai proposé de partager avec eux au moment d’assembler la Forêt de vie. Ils m’avaient fait le cadeau de partager leurs arbres avec moi, je leur faisais cadeau du mien. Celui qui le souhaite est invité à présenter son arbre aux autres. Les témoins peuvent résonner à l’arbre de la personne qui présente. Les participants peuvent mettre, à l’aide de post-it, des mots de soutien sur les arbres.
En groupe – la tempête de vie
L’étape après la Forêt de vie, quand le groupe est constitué de personnes en souffrance ou en grande difficulté voire précarité.
Je ne l’ai expérimenté qu’une seule fois avec une classe de jeunes de 16 à 18 ans. 20 jeunes qui se retrouvaient dans une « classe relais » pendant une année. Une étape pour eux qui avaient vécu un parcours personnel et scolaire très difficile et chaotique et qui, pour la plupart, étaient déscolarisés depuis de nombreuses années. L’objectif de l’action était de les préparer à intégrer le CAP de leur choix l’année suivante. Mais l’objectif premier était qu’ils gagnent en confiance en eux-mêmes et reprennent espoir dans l’avenir.
Je suis venue les voir une dizaine de fois. Pour les aider à tenir pendant cette année, nous avons beaucoup travaillé la solidarité entre eux. C’est dans ce cadre que l’Arbre de vie a été très utile, à la fois pour échanger sur leur vie, faire émerger toutes leurs ressources, et pour mutualiser tous les savoirs du groupes sur ce qui peut « nous aider à tenir le coup ».
Après la forêt de vie, le process consiste à proposer la « tempête de vie » en engageant une discussion sur les malheurs qui peuvent arriver aux forêts. « Que peut-il arriver de pire à une forêt quand il y a une tempête ? Quels effets cette tempête a-t-elle sur la forêt ? Comment la forêt fait-elle pour se défendre ? Comment font les animaux de la forêt pour se protéger de la tempête ? Qu’est-ce qui y a de commun entre ce qui peut arriver à un arbre et vous ? Quels effets la tempête a-t-elle sur vous ? La tempête est-elle de la faute des arbres ? Et vous, que faites-vous quand les tempêtes surviennent dans votre vie ? Comment les jeunes peuvent-ils répondre aux tempêtes qui sur viennent dans leur vie ? Comment pouvez-vous garder le lien avec les espoirs pendant la tempête ? Est-ce que les tempêtes sont toujours là dans vos vies ? Qu’est-ce que l’on fait une fois que la tempête est passée? »
L’intention, ici, est de recueillir le savoir collectif : « Si je parle, ça peut aider l’autre ». De mutualiser des expériences qui aident les personnes à se défendre. C’est également un moyen d’échanger des messages sur leur survie : cette histoire de forêt leur en fournit le prétexte. Avec la Tempête de vie, nous leur proposons un contexte qui favorise cette expression et sa mise en commun. A la fin, chaque jeune repart avec son arbre qui va l’accompagner et lui rappeler les fleurs sur son chemin.
Publié le : 9 avril 2011 | | Partager/Mettre en favoris