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Aller à la rencontre de nos super-pouvoirs Publié le : 19 mai 2019

samantha

Enfant, j’étais fascinée par une série télévisée américaine qui s’appelait « Ma sorcière bien-aimée ». Samantha, l’héroïne, était une jeune femme somme toute ordinaire, bonne mère de famille qui avait le pouvoir, rien qu’en bougeant le bout de son nez, de sortir sa famille de toutes les situations délicates. Ce qui me plaisait particulièrement chez Samantha, hormis qu’elle faisait disparaître les problèmes, c’est sa personnalité à la fois simple, élégante, espiègle et amusante, cela rendait le climat léger et les problèmes du coup semblaient moins importants. C’est vrai qu’enfant, cela m’aurait bien aidée parfois d’avoir le même pouvoir que Samantha. D’une certaine manière, cette série m’a inspirée pour ma propre vie à des moments difficiles. De plus, l’humour est une de mes qualités que j’ai développée et qui m’a beaucoup aidée à relativiser et à rendre les situations que je vivais plus légères.

Je crois beaucoup que les héros que nous avons aimés enfant nous construisent et que les pouvoirs que nous admirions chez eux, nous les avons en quelque sorte développés. Ce qui nous a fait du bien dans des moments difficiles, nous allons le modéliser, le reproduire et nous en inspirer plus tard pour notre vie et, en ce qui me concerne, pour en colorer ma posture d’accompagnant.

Aujourd’hui, en tant que coach narratif, il m’arrive moi aussi d’aider les personnes à résoudre leurs problèmes. Je ne bouge pas le bout de mon nez pour les aider mais je pose des questions narratives que je trouve un peu magiques et surtout, je pense que ce n’est pas un hasard si mes pas m’ont tout naturellement guidée vers l’Approche Narrative qui est une pratique d’accompagnement qui dissout les problèmes et dont le postulat de base est que chacun d’entre nous est considéré comme ayant une aptitude inaliénable à orienter le cours de sa vie. Chaque être humain est à lui-même son propre espoir car plein de richesses et de savoirs sur sa propre vie. Nous sommes tous les héros de notre vie et chaque héros a des super-pouvoirs qui lui sont propres.

Quand j’accompagne une personne, il y a toujours un moment où je vais aller à la recherche de ses super-pouvoirs.

Un super-pouvoir, c’est un talent spécifique qui n’appartient qu’à nous, que nous avons développé au fil des années pour survivre et qui parfois nous a été transmis. C’est bien plus qu’une qualité, une compétence, un savoir-faire, c’est comme un don, une force intrinsèque en soi capable de nous sortir de toutes les situations et la bonne nouvelle, c’est que nous en avons tous.

Dis-moi qui tu es, je te dirai quel est ton super-pouvoir.

J’accompagne et je supervise depuis plusieurs années des personnes qui se lancent dans l’accompagnement et dont la demande est de travailler leur identité d’accompagnant. Dans ce cadre, j’aime bien aller avec eux à la recherche de leur singularité: qu’est-ce qui fait que je suis unique et que je vais attirer à moi un certain type de public et de demandes ?

Et pour découvrir la singularité d’une personne, rien de tel que de mettre en lumière son super-pouvoir. Ce talent qu’elle est la seule à posséder et qui fait que les clients iront vers elle et vers personne d’autre. Pour découvrir son super-pouvoir, il faut d’abord revisiter un peu son histoire. Pour cela, je commence par lui demander :

Comment est entré dans votre vie le fait de vouloir faire ce métier d’accompagnant ? Quand vous vous retournez sur votre vie, votre passé, qu’est-ce qui, à votre avis, a contribué à ce que vous vous retrouviez à vouloir accompagner les gens ? Qu’est-ce qui fait que c’est ce type de public qui vous intéresse ? Qu’est-ce qui, dans votre vie, a conditionné cela ? Qu’est-ce qui vous guide et qui est important pour vous quand vous décidez de choisir cette voie ?

Souvent les personnes se relient à leur histoire familiale, scolaire, aux ruptures professionnelles, rencontres ou autres. En répondant à ces questions, on se relie à toute notre légitimité. On ne se retrouve pas dans l’accompagnement par hasard et les sujets que l’on va être amenés à accompagner sont souvent des sujets qui ont une histoire aussi dans notre vie. C’est le moment où l’on va s’apercevoir que nous sommes déjà sur le chemin de l’accompagnement depuis bien plus longtemps qu’on ne le pensait. Il y a quelque chose que l’on porte en nous et un jour on en fait un métier. Nous ne sommes plus un jeune débutant dans le métier mais un vieux sage qui a vécu et qui a appris de sa vie. Cela rend la posture bien plus solide et alignée quand on se reconnecte à cela.

Ensuite, il suffit de questionner sur comment on a surmonté les défis de notre histoire car les personnes réagissent toujours à ce qu’elles vivent, sinon elles succomberaient (et ces réactions sont faites de compétences et de connaissances qu’elles ont sur leur vie) :

Qu’est-ce qui t’a aidé ? Comment tu t’y es pris ? Qu’est-ce que tu as mis en place pour y arriver ? Dans quoi ou auprès de qui tu allais chercher tes ressources ? Qui t’a montré le chemin ? Qui a été modélisant pour toi ?

L’idée est que la personne, en relevant les défis de sa vie, est devenue experte de la survie. Elle a mis en place des stratégies propres à elle et qu’elle utilise par la suite à chaque fois qu’elle doit relever un défi. Elle n’en a pas toujours conscience car, pour elle, c’est banal. C’est juste sa manière normale de faire. A nous de rendre le banal exceptionnel et magique en questionnant et en lui demandant de donner un nom à cette stratégie particulière : Comment tu nommerais cette manière particulière que tu as de faire, ce que tu mets systématiquement en place ? Le nom que la personne va donner sera son super-pouvoir.

J’ai accompagné Stéphane qui est coach scolaire et médiateur. C’est un jeune homme ambitieux qui souhaite monter sa structure d’accompagnement. Il se voit avoir des salariés. Il a à cœur d’accompagner les jeunes sur l’estime de soi et les projets. Il souhaite également faire des conférences sur le thème de l’éducation des jeunes.

Quand j’ai questionné Stéphane sur comment cette vocation est entrée dans sa vie, il m’a raconté que, jeune collégien, il avait été en échec scolaire quelques années. On voulait lui faire quitter le système scolaire. Il a tenu bon, il a fait des rencontres importantes avec notamment un professeur qui a été capital pour lui en créant un déclic. Ce professeur lui a dit un jour : « Pour s’accrocher, il est important de se projeter, d’avoir un projet ». Ces mots ont eu un effet électrochoc chez Stéphane. Stéphane a eu son bac et a fait de belles études.
Quand j’ai questionné Stéphane sur comment il a surmonté ses années difficiles de collège -Qu’est-ce qu’il a mis en place pour réussir ? Qui l’a aidé ?…- une stratégie s’est dessinée rapidement.
Il m’a dit : « En général, quand je veux quelque chose, je fais trois choses :

– Je commence par visualiser ce que je veux pendant quelque temps. Donc, dans ce cas, je me voyais avoir le bac, aller voir les résultats et voir mon nom, voir mes parents contents. J’ai besoin de me voir un petit moment dans la situation rêvée.
– Ensuite, je fais une prière à Dieu au nom de Jésus Christ afin qu’il m’aide à atteindre mon objectif.
– Et, une fois que j’ai visualisé et que j’ai prié, j’entre dans le domaine de l’action, c’est-à-dire que je m’organise pour y arriver. J’arrive à poser des actions et je m’y tiens ».

J’ai dit à Stéphane : Donc, si je récapitule, tu visualises, tu pries Dieu au Nom de Jésus Christ et tu passes à l’action. C’est bien cela ? Comment tu nommerais cette stratégie que tu mets en place à chaque fois que tu dois relever un défi ? Il a réfléchi et m’a dit : « Vision Action ». « Vision Action » est le super-pouvoir de Stéphane. Je lui ai demandé d’autres exemples où il a déclenché « Vision Action ». Il avait plein d’autres exemples, notamment il voulait aller aux Etats-Unis apprendre l’anglais. Il a commencé à se visualiser aux Etats-Unis, il se voyait se balader dans les rues de New York, parler aux personnes en anglais, etc. Ensuite, il a prié Dieu au nom de Jésus Christ de le soutenir dans ce projet et ensuite il s’est organisé et a préparé son projet. Il a fait la même chose pour son permis de conduire et pour plein d’autres défis.

Une qualité ne suffit pas à faire un super-pouvoir. Pour transformer une qualité en super-pouvoir, il faut questionner la qualité. Au début, quand j’ai questionné Stéphane sur ce qui lui permettait d’y arriver, il m’a d’abord dit qu’il était persévérant. Persévérant, ce n’est pas encore un super-pouvoir car la réalité est bien plus riche et puis il n’est pas le seul à être persévérant. De plus, je ne sais pas ce qu’il entend par être persévérant. Chaque mot a une histoire dans la vie des gens. Il faut que je le questionne afin de connaître son histoire de persévérance pour ne pas projeter la mienne. C’est quoi être persévérant pour toi ? Comment la persévérance s’exprime dans ta vie ? C’est en questionnant son histoire de persévérance que j’ai eu accès à son super-pouvoir.

Je travaille toutes les qualités de mes clients un peu de la même manière, en allant chercher la spécificité de cette qualité, comme ce manager que j’ai accompagné et qui m’a dit que sa principale qualité qui l’aide, en tant que manager, était l’écoute. Quand je lui ai demandé :

C’est quoi l’écoute pour vous ? Quel type d’écoute vous avez ? Qu’est-ce qu’il faut comme autres qualités et valeurs pour écouter comme cela ? Qu’est-ce qui est important pour vous quand vous écoutez comme cela? Qu’est-ce que cela dit de vous et de ce qui est important pour vous d’écouter comme cela ? Qu’est-ce que ce type d’écoute particulier que vous avez vous permet et permet aux personnes que vous managez ? De qui tenez-vous ce type d’écoute ? Quel nom donneriez-vous à ce type d’écoute particulier que vous avez ?

Il m’a répondu : « une écoute curieuse, bienveillante et respectueuse des différences ». Et là, cela devient sa qualité à lui et à personne d’autre.

Comment avez-vous acquis cette qualité particulière ? Quel a été votre professeur « d’écoute curieuse, bienveillante et respectueuse des différences » ?

Quand j’aborde une qualité de cette manière, je deviens archéologue. J’ai l’impression de faire des fouilles. Je creuse, je cherche d’où elle vient, quelle est son histoire, s’il y en a d’autres, quelles dates, quelles origines, quels endroits.

Quand on a passé quasi toute une séance à enquêter sur le super-pouvoir d’une personne, qu’elle lui a donné un nom qui n’appartient qu’à elle, elle est plus à même de se l’approprier, de l’incarner et d’en faire un super allié. Et, quand elle se retourne vers son objectif, elle se sent bien équipée et moins seule pour y aller. Quand une personne vient nous voir en général, c’est que le défi est important pour elle et qu’elle se sent un peu démunie pour faire face. En travaillant de cette manière, ce qui devient magique, c’est d’inverser les choses, c’est-à-dire rendre le défi banal et la qualité exceptionnelle.

Quand je me vois identifier les super-pouvoirs de mes clients, il n’est pas rare d’imaginer Samantha me souffler à l’oreille : « Je suis contente, Dina, de t’avoir inspirée. Moi qui croyais que certains avaient des pouvoirs et d’autres pas… quand je pense que j’étais obligée de cacher mes pouvoirs pour être comme tout le monde… cela me plaît de savoir que chaque personne a des pouvoirs, je me sens moins seule ».

Dina Scherrer
PS : Je souhaite remercier Martine Compagnon, amie, collègue narrative, conteuse, notamment pour son travail « accompagner avec le conte », dont l’inspiration plane sur cet article.

Publié le : 19 mai 2019 | 1 Commentaire | Partager/Mettre en favoris


1 Commentaire sur l'article “Aller à la rencontre de nos super-pouvoirs”

  1. 1 laure maurin a dit à 16 h 26 min le août 13th, 2019:

    Merci Dina,
    Petite c’est fifi brindacier qui m’a aidé à trouver la force, et à m’echapper de mon statut d’enfant, parfois écrasé par ce monde d’adulte.
    Aujourd’hui, je sens encore cette force peu commune tout au fond de moi.
    Le courage de cette petite-fille.


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