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Accompagner des binômes en utilisant le concept des « témoins » de différentes manières Publié le : 16 septembre 2018

Double reflet - copieDepuis presque deux ans maintenant, je me surprends à proposer de plus en plus souvent, en fonction bien évidemment des situations qui le nécessitent, des accompagnements de binômes en utilisant, de différentes manières, le concept des « témoins ». J’ai à chaque fois été la première surprise de l’extrême efficacité de travailler de cette manière. Pour illustrer mon propos, je voudrais partager avec vous trois de mes accompagnements de binômes dans des univers différents : un chef de service et son adjointe, un professeur et son élève, Olivier et son dos.

Le chef de service et son adjointe

Au départ, il s’agissait d’accompagner uniquement l’adjointe, une jeune femme que j’avais rencontrée à la demande de la Responsable des Ressources Humaines pour travailler avec elle l’axe « Optimiser mon mode de fonctionnement avec mon Chef de service ».
Quand je me retrouve face à cette jeune femme que l’on va appeler Anne, elle me raconte que cela fait quelques mois qu’elle est à ce poste et elle me dit tout de suite qu’elle est ravie de pouvoir être accompagnée sur ce sujet qui lui tient à cœur, mais elle ne comprend pas pourquoi elle se retrouve seule à travailler sur un sujet qui concerne en fait deux personnes, elle et son chef de service. Pour elle, il s’agit d’optimiser quelque chose autour de l’articulation entre eux. En disant cela, Anne n’exprime aucune animosité, aucun sentiment d’injustice, juste une conviction qui, pour elle, est de l’ordre d’une évidence: ce serait simplement beaucoup plus efficace s’ils travaillaient ensemble sur le sujet.
Je lui demande si, selon elle, son chef de service serait partant pour faire ce travail à deux. Honnêtement, je n’y croyais pas trop. Anne me répond: « Je ne sais pas. Il faut que je lui demande. Mais je pense qu’il n’y a pas de raison qu’il n’accepte pas ».
Je la trouve plutôt confiante. Elle me rappelle dans la journée pour me dire qu’il a accepté et que nos prochaines séances seront donc en binôme. C’est ainsi que, la séance d’après, je me suis donc retrouvée avec Anne et Paul. Nous avions bien évidemment prévenu la responsable RH de ce changement.
C’est la première fois que je me retrouvais dans ce genre de situation. En réfléchissant à ce que j’allais faire avec eux ce jour-là, je me suis dit que j’allais utiliser, comme socle, la confiance qu’avait exprimée Anne en proposant ce travail en duo.
J’ai posé le cadre de cette séance en disant que j’allais les interroger à tour de rôle et que pendant que l’un parlait, l’autre allait faire l’expérience d’écouter de manière différente, en posture de témoin: c’est-à-dire en écoutant comme si c’était la première fois qu’il entendrait ce qu’il allait entendre. Sans réagir, sans vouloir corriger ou éventuellement se justifier. Juste accueillir la parole de l’autre. Par la suite, chacun aurait la possibilité de s’exprimer.
J’ai proposé de commencer par Anne car c’est elle qui était à l’initiative de ce travail en binôme. Je lui ai demandé :
 « Vous savez Anne, quand vous m’avez proposé de faire ce travail avec Paul, j’ai été intriguée, je ne savais pas si cela allait être possible. Je suis curieuse de savoir qu’est-ce qui vous a donné cette idée, cette confiance, pour avoir l’idée de proposer cette démarche à Paul ? »
 « Qu’est-ce que vous connaissez de Paul, comme aspect, comme qualités, comme caractéristiques, qui vous a fait penser que cela pouvait être possible, qu’il dirait oui ? Pour m’aider à comprendre, est-ce que vous pouvez me donner un exemple qui illustre que Paul est quelqu’un, comme vous venez de le dire, d’ouvert, de curieux, qui aime expérimenter de nouvelles méthodes ?
 « Est-ce que vous pouvez me raconter comment cela se passe pour vous dans votre mode de fonctionnement avec Paul ? »
 « Si cela pouvait se passer autrement qu’est-ce que vous souhaiteriez voir changer, de son côté, dans votre mode de fonctionnement ? »
 « Qu’est-ce que cela ferait comme changement pour vous si cela se produisait ? »
Ensuite j’ai pris les réactions du témoin :
 « Quelles sont vos réactions à ce que vous venez d’entendre globalement ? »
 « Qu’est-ce que vous avez entendu de nouveau et d’important pour vous ? »
 « Qu’est-ce que vous apprenez de ce que Anne vient de dire ? »
Mes premières questions à Anne ont permis d’honorer, de reconnaître et de faire entendre à Paul ce qu’Anne sait et apprécie particulièrement chez lui. Du coup quand les questions sur ce qui pose problème arrivent, cela change complètement la donne. Ce n’est presque déjà plus un problème. Il y a un socle solide et tout redevient possible.
Ensuite j’ai inversé et j’ai posé les questions suivantes à Paul :
 « Est-ce que vous avez été étonné qu’Anne vous propose ce travail ensemble ? »
 « Qu’est-ce que vous savez d’elle qui fait que vous n’avez pas été étonné ? »
 « Qu’est-ce que cela dit d’elle à votre avis ? et de ce qui est important pour elle ? »
 « Est-ce que vous pouvez me raconter comment ça se passe pour vous dans votre mode de fonctionnement avec Anne ? »
 « Si cela pouvait se passer autrement qu’est-ce que vous souhaiteriez voir changer, de son côté, dans votre mode de fonctionnement ? »
 « Qu’est-ce que cela ferait comme changement pour vous si cela se produisait ? »
Cette séance particulière, en leur faisant expérimenter à tour de rôle la posture de témoin, sans oublier que, lorsque l’un parle, l’autre écoute, a été suffisante pour qu’ils se disent ce qu’ils avaient à se dire, pour prendre le temps d’écouter et d’accueillir réciproquement des messages sur les valeurs et les forces du binôme, pour faire émerger leurs attentes, pour lever tous les malentendus. Nous avions prévu cinq séances ensemble, à la vérité cette séance a suffi à elle seule à atteindre leur objectif.
Nous avons utilisé les séances suivantes pour travailler d’autres objectifs concernant leur équipe, préparer un séminaire qu’ils allaient avoir tous ensemble etc…
L’accompagnement d’Anne et Paul vient de se terminer. Lors de la réunion tripartite, la responsable RH nous a demandé s’il était possible de modéliser ce qui a assuré la réussite de notre démarche afin d’en faire éventuellement profiter à l’avenir d’autres binômes de l’entreprise.
Le professeur et son élève

Le deuxième cas concerne le travail que je fais dans les écoles. J’interviens depuis quatre ans dans le même établissement scolaire pour accompagner une classe de 4ème ASP (aide et soutien personnalisé). Une classe conçue spécifiquement pour regrouper des jeunes dont on a remarqué la perte de foi en eux-mêmes ou le décrochage scolaire pour différentes raisons. Un programme spécifique a été conçu pour ces collégiens afin qu’ils regagnent en force et en confiance. Le programme est porté par deux professeurs principaux très impliqués et vraiment sympathiques. J’interviens dans le cadre de ce programme auprès des jeunes à raison d’une dizaine de séances pendant l’année.
Quand j’arrive ce jour-là au collège, la professeure principale se confie à moi. Selon ses propres mots, un des élèves de la classe, Areski, lui « pourrit la vie » depuis le début de l’année. Il met systématiquement la pagaille dans sa classe et il est insolent à son égard. Elle passe son temps à le « virer » de la classe. Elle pense qu’il lui en veut particulièrement car il semble qu’il n’ait pas le même comportement avec ses collègues. Elle ne sait plus comment s’y prendre avec lui. J’avais effectivement remarqué que, pendant les séances que j’animais, Areski se plaignait souvent de cette enseignante que l’on va appeler Madame Martin.
Je connais Madame Martin et mon ressenti est qu’elle se sent impuissante avec Areski, qu’elle a réellement envie de trouver une solution pour apaiser la situation mais qu’elle ne sait pas comment faire.
Je me surprends à proposer à Mme Martin une séance particulière. Je lui dis : « Est-ce que vous seriez partante, si Areski est également partant bien évidemment, pour que nous fassions une séance ensemble, tous les trois ? Une séance où vous serez invités tous les deux à répondre devant l’autre à mes questions. Mais où chacun répondra comme s’il était l’autre. Autrement dit, vous vous mettrez dans la peau d’Areski et répondrez à mes questions comme si c’était Areski qui répondait, et cela devant le vrai Areski. Ensuite on inversera, lui répondra comme s’il était vous. L’intention est que vous et Areski changiez de position pour aller voir et peut être comprendre ce qui se passe chez l’autre. Pour celui qui écoute, c’est le moment où il peut constater si l’autre à compris quelque chose de ce qu’il est et de ce qui est important pour lui. Je ne vous cache pas que je n’ai pas souvent fait ce genre de conversation, je ne garantis pas le résultat. Mais je pense que cela vaut le coup d’essayer ».
Mme Martin a tout de suite accepté. Elle était prête à tout pour débloquer la situation et retrouver du confort dans sa relation avec Areski et dans sa classe. Quand j’ai proposé cet exercice à Areski, il fut nettement moins enthousiaste. Il m’a dit: « C’est bizarre votre truc. J’veux bien, mais c’est pas sûr que je parle ».
Nous nous sommes retrouvés tous les trois. Je n’en menais pas large comme on dit. Devant moi un Areski totalement fermé et une Mme Martin qui semblait se demander si elle avait bien fait d’accepter cette expérience. Bonjour le trio de choc !
J’ai posé le cadre : « Comme vous le savez, chacun va jouer le rôle de l’autre. L’autre reste en posture de témoin silencieux. Il pourra donner ses impressions, mais après ». Je me disais que ce serait mieux de commencer par Mme Martin, mais je ne voulais pas imposer cela. J’ai juste lancé : « Par qui on commence ? » et heureusement Areski a tout de suite dit « elle » en désignant sans la regarder son professeur.
« Mme Martin, vous me dîtes quand vous êtes prête. »
Dans les grandes lignes, voilà le dialogue qui s’ensuivit. Je rappelle que c’est Mme Martin qui joue le rôle d’Areski:
· Bonjour Areski. Pourquoi avoir accepté de faire cet exercice avec Mme Martin ?
o J’sais pas et de toute façon je suis venu, mais je n’y crois pas
· Peux-tu me raconter ta relation avec Mme Martin ?
o Mais vous savez c’est une folle Mme Martin. En plus, elle est nulle. Vous ne savez pas tout ce qu’elle est capable de faire. Depuis le début de l’année, elle s’en prend toujours à moi, et pour rien la plupart du temps.
· Qu’est-ce qui pose problème pour toi dans ce que tu vis avec Mme Martin ? Tu peux me donner quelques exemples précis ?
o Dès que je rentre dans la classe, elle regarde l’heure pour voir si je ne suis pas en retard. Dès que quelqu’un bavarde, c’est vers moi qu’elle se tourne. Une fois, elle avait corrigé toutes les copies sauf la mienne. Ça ne se fait pas quand même.
· Qu’est-ce que tu as déjà fait pour tenter d’arranger les choses avec Mme Martin, ou quelles idées tu aurais ?
o Oui, il me semble qu’au début j’ai bien essayé de parler avec elle pour lui dire que ce n’était pas moi qui bavardait ou que je trouvais pas juste qu’elle me parle comme ça. Mais comme j’avais l’impression qu’elle s’en f… au bout d’un moment, j’ai laissé tomber. Ça sert à rien.
· Qu’est ce qui est si important pour toi que Mme Martin ne voit ou ne comprend peut-être pas forcément ?
o Que je veux être traité comme les autres. Que je fais des efforts. Que ce n’est pas toujours moi qui parle ou qui fait des conneries dans la classe.
· Ces choses si importantes correspondent à quelles valeurs pour toi ?
o La justice je crois. Le respect
· Si elle était là et que tu avais la possibilité de lui faire passer un message tu lui dirais quoi ?
o Si vous voulez que je vous respecte, respectez-moi
· Est-ce que vous voulez rajouter quelque chose ?
o Non, j’ai tout dit
Inutile de vous dire que, dès les premières réponses de Mme Martin, Areski a commencé à être intéressé par ce qui se passait. Peu à peu son visage, que j’observais en coin, s’est métamorphosé. Il a souri, il a ri, je crois même qu’il a été ému. Sa première réaction a été de dire : « Je suis trop choqué. Elle me connait trop bien. On dirait qu’elle est dans ma tête ».
A partir de ce moment-là, je savais que c’était gagné. Que leur relation allait changer radicalement. Il faut dire que Mme Martin avait vraiment bien compris l’exercice. En répondant le plus honnêtement possible, elle a réussi à s’oublier un peu pour aller à la rencontre de son élève. En allant chercher les réponses les plus justes pour Areski. C’est un beau cadeau qu’elle lui a fait.
Franchement, si on avait pas commencé par Mme Martin, je ne suis pas certaine qu’Areski aurait eu l’énergie et la volonté d’entrer réellement dans cet exercice. Mais quand ce fut son tour, et fort de ce qui venait de se passer, il a fait énormément d’efforts pour lui-même jouer le jeu et tenter d’aller lui aussi à la rencontre de Mme Martin.
Ce qui est puissant dans ce genre d’exercice, c’est de poser les questions à l’un en pensant à celui qui écoute. Cela demande de construire des questions dont les réponses pourraient intéresser celui qui écoute. Quant à la personne qui est interviewée, cet exercice lui permet de revisiter la situation à un endroit où il est possible de penser autrement. C’est une conversation par procuration avec tous les protagonistes en présence. J’ai pu mesurer ce jour-là le pouvoir de ce type de conversation capable de changer la couleur d’une relation en une séance. Je n’accompagne pas les couples mais je me dis que cela doit être puissant ce type de conversation en accompagnement de couples.
Mme Martin m’a dit qu’il y a eu un avant et un après cette séance dans sa relation avec Areski.
Cette unique séance à trois leur a permis de retrouver de la sérénité dans leur relation. Mme Martin est plus attentive à Areski, à ses efforts. Areski, de son côté, n’a plus de colère, donc est moins en réaction permanente.
Olivier et son dos

Olivier est un collègue. Un jour, il m’appelle pour me demander si j’accepterais de faire une ou deux séances avec lui. Quand on se retrouve pour la première séance, il me parle tout d’abord d’un projet familial qui se prépare et qui lui tient particulièrement à cœur. Tout irait pour le mieux si une douleur insidieuse au bas de son dos ne s’était invitée depuis quelques mois. Une hernie discale me dit-il. Une douleur quasiment permanente, qui occupe pas mal ses pensées, qui l’empêche de rester longtemps assis, qui l’oblige à prendre régulièrement des médicaments et à s’allonger parfois au bureau quand elle est trop vive. Malgré cela, Olivier ne veut pas entendre parler d’opération. Il m’a clairement dit « J’ai la conviction que je peux faire disparaitre cette douleur ». D’ailleurs il est devenu expert en ressources alternatives, il se documente beaucoup sur le sujet et tente pas mal de choses, comme dernièrement la médecine chinoise qui parfois arrive à le soulager.
Je comprends qu’en venant vers moi et les Pratiques Narratives, Olivier continue sa quête de méthodes alternatives pour vaincre la douleur.
En écoutant Olivier, je me suis souvenue de ma conversation avec mon amie et collègue Laure Maurin qui travaille beaucoup avec le corps et qui m’avait soufflé quelques questions pour le faire parler. Je n’en savais pas tellement plus, mais assez pour me lancer à mon tour.
J’ai commencé à demander à Olivier :
✓ Qu’est-ce que tu connais ou soupçonnes des Pratiques Narratives et/ou de moi, que tu penses être une piste aidante pour toi ?
✓ Est-ce que tu veux bien me présenter ton dos, me le décrire ? comment tu le ressens ?
✓ A quel moment ton dos a-t-il décidé de s’exprimer ?
✓ A quel moment l’as-tu laissé s’exprimer ?
✓ Qu’est-ce que tu as déjà fait pour résister à la douleur ?
Ensuite, j’ai demandé à Olivier s’il m’autorisait à parler à son dos, à lui poser quelques questions. Olivier a été un peu surpris. Il m’a dit « on est bien d’accord que c’est moi qui répond ». J’ai dit « Oui mais pour lui. Tu vas être sa voix ». Il était d’accord, mais ne savait pas s’il devait se tourner pour que je parle à son dos. Finalement, il a choisi de rester face à moi mais en gardant les yeux fermés. J’ai commencé en remerciant le dos d’Olivier d’accepter de me parler et en lui reformulant la discussion que je venais d’avoir avec Olivier. Ensuite je lui ai demandé :
✓ Quel nom donneriez-vous à cette douleur dont parle Olivier ?
o « Pincement », elle est petite, en bas de moi, côté droit plutôt que gauche. C’est comme un arbre. Un bucheron a donné un coup de hache au pied de l’arbre mais la stabilité est toujours là, ça n’a pas touché la sève, le cœur de l’arbre, il y a de la vie qui circule.
✓ Que fait Olivier pour vous soulager de « pincement » ? :
o Olivier s’occupe beaucoup de moi. C’est une blessure que l’on a reçue tous les deux. On va apprendre tous les deux de cette histoire après coup. « Ce qui ne tue pas rend plus fort ».
✓ Que voudriez-vous dire à Olivier ?
o Que je suis là. Je fais le job. Même si c’est difficile, ça va, on va s’en sortir. Je voudrais lui dire d’arrêter de chercher le bucheron fou qui a donné le coup de hache. Ne plus se poser la question du pourquoi. Que, si le tronc tient, c’est qu’il a des racines solides, en bon état. Le pincement, la cicatrisation en quelque sorte, j’en fais mon affaire, même s’il reste une trace, ça sera complètement guéri. La cicatrisation est un processus naturel mais il faut créer les conditions : plus de légèreté dans sa vie, moins de portage de projets, s’éloigner de certaines relations tendues, conflictuelles. Trouver le moyen d’exprimer ses colères, ne pas les garder pour soi. D’ailleurs il devrait m’interroger au moment où il se lance dans des projets, m’associer. Par le biais du ressenti, en m’imaginant faire le projet. Si on fait équipe, c’est dans les deux sens.
Le dos d’Olivier avait beaucoup de choses à lui dire. Des choses qu’il n’aurait jamais dites sans ce processus de dissociation. Des choses nouvelles pour Olivier qui ouvraient vers une nouvelle compréhension, de nouvelles pistes très ressourçantes et déculpabilisantes pour lui.
C’est un mixte entre une conversation par procuration – quand Olivier répond à la place de son dos – et une conversation hypnotique car Olivier m’a dit avoir vécu cette partie de la séance où son dos parlait, un peu comme une séance d’hypnose. Un état de transe où il parlait d’un endroit différent, un endroit où ce n’est pas seulement à la tête de diriger.
Nous avons eu deux séances avec Olivier mais je pense que tout s’est joué lors de la première séance car en démarrant la deuxième séance, Olivier m’a dit d’entrée : « Il y a eu un avant et un après. Je sentais plus de facilité, plus de mobilité. Une sensation d’oublier le problème, de ne plus sentir la douleur. Je prends moins de médicaments. J’ai pu rester assis plus longtemps. Je me suis surpris à m’asseoir dans le train. Une collègue a remarqué que je suis moins souvent allongé. J’ai envie de faire plein d’autres choses que de courir les médecins car la douleur est très liée à mon enthousiasme. C’est encore une étape d’amélioration pour moi. Je suis content et fier d’avoir vécu cette conversation particulière qui a permis de donner accès à autre chose que la tête. Je m’aperçois que je vais beaucoup chercher les ressources à l’extérieur alors que si je laisse parler mon dos j’ai la ressource à l’intérieur ».
Témoignage d’Olivier sur son experience :
» En mai 2017, je souffrais depuis 9 mois de douleurs sciatiques intenses du côté droit, parfois à la limite du supportable. Le diagnostic d’hernie discale avait conduit les médecins à me proposer une opération que j’avais refusée. J’avais décidé d’explorer d’abord tous les moyens alternatfs disponibles au service de ma guérison. Je voyais un ou deux thérapeutes par semaine et j’y consacrais beaucoup de temps et d’argent. J’avais surtout peur que cette terrible douleur ne vienne entraver un grand projet : une année de voyages en famille, prévue à partir de septembre 2017 avec ma femme et mes trois garçons…
Je suis praticien narratif moi-même. Pourtant, il a fallu une suite de hasards pour que je songe à l’approche narrative comme aide pour mon problème. J’ai pu ainsi vérifier sur moi ce que je constate souvent chez mes clients : l’histoire du problème nous coupe souvent de nos ressources habituelles.
Mais lorsque j’y ai enfin pensé, j’ai senti que l’approche narrative, et en particulier Dina, pourrait m’aider à avancer sur la dimension émotionnelle de ma douleur, sans pour autant rentrer dans une psychothérapie longue.
La première séance avec Dina à été un moment mémorable pour moi. Dina m’a d’abord interrogé sur toutes les ressources et compétences que j’avais déjà mobilisées pour faire face à cette douleur (et faire face à une douleur située dans votre dos n’est pas une chose aisée, croyez moi). Puis elle m’a proposé de faire parler mon dos.
Pendant que Dina posait ses questions à mon dos, j’entendais les réponses sortir par ma bouche, mais j’avais l’impression que ce n’était pas moi qui parlait. Je gardais les yeux fermés de peur de rompre le charme. Mon dos a pu s’exprimer et j’ai été le premier étonné de certaines de ses réponses.
A partir de cette séance, je suis passé de 3 cachets analgésiques par jour à 3 en 15 jours. C’est comme si la douleur avait été divisée par 15 !
Aujourd’hui ma douleur a totalement disparu et j’écris ses lignes dans un train entre Thiruvananthapuram et Madurai, en Inde du Sud, où je voyage avec ma famille ».

Publié le : 16 septembre 2018 | 1 Commentaire | Partager/Mettre en favoris


1 Commentaire sur l'article “Accompagner des binômes en utilisant le concept des « témoins » de différentes manières”

  1. 1 Olivier Poulain a dit à 12 h 25 min le novembre 9th, 2018:

    Merci Dîna pour ce partage.
    J’ai été touché personnellement par la situation scolaire.
    Et puis ces exemples sont inspirants pour développer nos approches et notre créativité.
    Olivier


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